Un GPS pour retrouver les papys perdus

La Flandre envisage de recourir à la géolocalisation par GPS pour les personnes démentes soignées à domicile.

Li. B.
Paris . France . Femme agee marche seule dans une rue du centre ville le 25 avril 2013 . Old woman walking alone in the center of Paris Reporters / Attal
Paris . France . Femme agee marche seule dans une rue du centre ville le 25 avril 2013 . Old woman walking alone in the center of Paris Reporters / Attal ©Reporters / Attal

La majorité des seniors souffrant de démence vivent à domicile, surtout au début de la maladie. Pour les proches, ce n’est pas simple à gérer. La personne oublie de plus en plus de choses; on retrouve les clefs dans le frigo, la porte d’entrée ouverte, les lampes allumées,…

Jusque-là, rien de bien grave. Mais le stress monte quand le patient quitte la maison pour faire les courses, sortir le chien, aller chez le dentiste… Trouvera-t-il le chemin du retour ?

Dans le cadre du Plan démence pour la Flandre 2010-2014, le ministre flamand de la Santé, Jo Vandeurzen (CD&V), envisageait l’utilisation de dispositifs de détection d’errance (bracelet avec puce; géolocalisation par GPS…) pour améliorer l’autonomie, le confort et l’intégration sociale des personnes démentes (dont 60 % de patients Alzheimer).

Le ministre a demandé au Comité consultatif de bioéthique de formuler les conditions éthiques nécessaires pour encadrer l’utilisation de tels dispositifs.

Le Comité formule plusieurs recommandations à cet égard.

1. Diagnostic précoce. Il importe de diagnostiquer la démence à un stade débutant, insiste le Comité. Il faut ensuite rapidement constituer une équipe pluridisciplinaire de soins qui doit procéder à une concertation formelle au sein de laquelle le senior, ses proches et les prestataires de soins décident ensemble de certaines mesures, "par exemple le recours au GPS".

2. Pas de privation de liberté. Attention, prévient le Comité de bioéthique : seuls des dispositifs de détection d’errance sont envisageables dans le cadre d’un maintien du malade dément à la maison. Pas question d’appliquer des mesures de privation de liberté (enfermement, contention…) qui, même encadrées légalement, ne peuvent être sérieusement contrôlées à domicile.

3. Le senior doit être d’accord. On ne peut jamais forcer une personne démente à utiliser un moyen de détection d’errance. "Aucune sanction ne sera prise à son encontre et aucune sanction ne sera prise à son encontre dans le cas où elle se rebiffe, oublie d’actionner le dispositif, voire s’en sépare." Si le senior n’est plus en mesure de consentir (parce que sa démence s’est aggravée), la décision doit être prise par la personne la plus apte à exprimer ce qui aurait été la volonté de la personne vulnérable : son mandataire, l’administrateur de sa personne (avec autorisation du juge de paix), les proches intervenant en cascade (époux, partenaire cohabitant, enfant majeur…) ou, enfin, le praticien professionnel qui la suit.

4. Équilibre des besoins. Avant de décider d’utiliser la technologie anti-errance, il faut minutieusement mettre en balance les besoins du senior concerné (sa sécurité, son autonomie, sa vie privée), sans oublier la charge de soins pour ses proches.

5 Il faut un suivi. Une procédure doit être mise au point pour suivre l’évolution de la situation. La personne atteinte de démence et ses proches devront être familiarisés avec le dispositif de surveillance utilisé (par exemple, en l’intégrant dans un GSM classique). Le dispositif doit être de petite taille, facile à porter et pratique. Son coût ne doit pas constituer une source de discrimination. Le cas échéant, la prise en charge de ce coût doit être envisagée par les pouvoirs publics, recommande le Comité de bioéthique.

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