Dénonciations au fisc : méfiez-vous de vos proches

Près de 2.625 cas ont été enregistrés en 2014, soit cinq fois plus qu’en 2009.

Romain Demoustier
Brussels July 19, 2005 - Belgian tax - Income tax - Taxes - Declaration Fiscale - Tax declaration Taxes Contributions - Annual payment - Income tax form - paper - papers - return - fill in - out - belastingsbrief - belastingsaangifte - impots REPORTERS©Jean-Michel Clajot
Brussels July 19, 2005 - Belgian tax - Income tax - Taxes - Declaration Fiscale - Tax declaration Taxes Contributions - Annual payment - Income tax form - paper - papers - return - fill in - out - belastingsbrief - belastingsaangifte - impots REPORTERS©Jean-Michel Clajot ©REPORTERS

Près de 2.625 cas ont été enregistrés en 2014, soit cinq fois plus qu’en 2009.

Depuis cinq ans, les dénonciations pour fraude fiscale ne cessent d’augmenter dans notre pays. Alors qu’elles n’étaient qu’au nombre de 510 en 2009, le SPF Finances en a enregistré plus de 2.600 l’année dernière. Une tendance qui devrait se poursuivre en 2015, 1.811 dossiers de ce type ayant déjà été ouverts depuis le début de l’année. Un phénomène qui reste marginal au vu du nombre de contribuables belges, mais dont l’importance croît d’année en année.

Malgré cette nette explosion, difficile d’expliquer ce qui pousse les Belges à dénoncer de cette façon. "D’une part, cette procédure est plus souvent médiatisée, ce qui augmente clairement le nombre de contacts que nous avons. D’autre part, mais cela reste une hypothèse, on remarque que les gens ont plus tendance à accuser de telle façon quand la situation économique est plus difficile. Ce qui a été le cas ces dernières années" , explique Francis Adyns, porte-parole du SPF Finances.

Il faut dire que, pour dénoncer quelqu’un, la procédure est très simple, il suffit d’envoyer un message au SPF Finances. Mais ce dernier reste très prudent. "Nous faisons très attention à ces dénonciations. Elles ne sont d’ailleurs pas toujours exactes. Avant d’engager une quelconque procédure, nous les croisons avec toutes les données dont nous disposons. Il ne faut pas surestimer ce genre de d’informations."

Même si, dans une bonne partie des cas, les renseignements sont très précis. "La plupart de ceux qui dénoncent sont très proches des personnes accusées. Il s’agit par exemple d’anciens employés, patrons, ou encore d’ex-conjoints. Cela concerne généralement des problèmes de biens cachés au fisc ou de travail au noir. Il est aussi important de noter que nous ne demandons pas aux gens d’indiquer leur identité. Ainsi, beaucoup décident de rester anonymes."

Il n’existe pas de données quant à l’argent récupéré par les Finances grâce à cette pratique.

Dénonciations au fisc : méfiez-vous de vos proches
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Toujours pas de site pour dénoncer la fraude sociale

En 2013, l’information avait fait l’effet d’une bombe. Jonh Crombez (SP.A), alors secrétaire d’État à la lutte contre fraude sociale, avait annoncé son intention d’ouvrir un site sur lequel les particuliers pourraient dénoncer anonymement les cas de fraude sociale. Force est de constater que, deux ans plus tard, il n’en est toujours rien. Selon le Service d’Information et de recherche sociale (SIRS), le site en question devrait voir le jour en septembre ou octobre prochains.

De nombreuses voix s’étaient élevées contre la mise en place de ce portail. C’était le cas d’Alexis Deswaef, président de la Ligue des Droits de l’Homme. Il avait alors précisé : "On ne peut pas demander à des citoyens d’être des inspecteurs ou des policiers de substitution, qui vont faire le travail de professionnels à leur place. Les dommages collatéraux de la dénonciation, c’est qu’on va instaurer une société de méfiance, où chacun va regarder son voisin avec des a priori, une méfiance systématique."

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