À peine ouverte, l'expo Van Eyck à Gand suscite le désarroi du public francophone: le catalogue n'existe pas en français !

Faute d’accord de coédition, l’ouvrage de référence n’a pas été traduit, au grand dam du public francophone et du Musée des Beaux-Arts de Gand.

Jean Bernard
À peine ouverte, l'expo Van Eyck à Gand suscite le désarroi du public francophone: le catalogue n'existe pas en français !
©BELGA

Faute d’accord de coédition, l’ouvrage de référence n’a pas été traduit, au grand dam du public francophone et du Musée des Beaux-Arts de Gand.

La plus grande exposition jamais consacrée à l’œuvre de Jan Van Eyck (1390-1441) a ouvert ses portes samedi au Musée des Beaux-Arts de Gand (MSK pour les intimes). Elle démontre à quel point le peintre né sans doute à Maaseik et qui fit toute sa carrière à Bruges et à Gand fut un génie et un révolutionnaire en matière d’optique et de perspective.

On sort des deux petites heures de ce parcours avec audioguide dans la langue de son choix subjugué, désireux de poursuivre le plaisir d’avoir pu mettre le nez sur les furoncles de Joos Vijd, le commanditaire du polyptique de l’Agneau mystique, ou regarder droit dans les yeux quelques-uns des contemporains du maître. Heureux aussi d’avoir pu apprécier les commentaires trilingues (néerlandais, français, anglais) tout au long de ce parcours merveilleux.

Mais voilà, une fois arrivé au shop, prêt à sortir un beau gros billet pour s’offrir l’imposant catalogue, plus d’un visiteur francophone, français en particulier, a la désagréable surprise de constater que l’ouvrage n’existe pas dans la langue de Voltaire. Voilà à peine deux heures que l’exposition, à voir jusqu’au 30 avril, est ouverte au grand public que déjà la brave préposée au comptoir n’en peut plus d’expliquer que l’éditeur Hannibal n’a pas voulu prendre de risque de traduction, l’anglais et l’allemand étant moins difficiles à traduire venant du néerlandais.

Voulant en savoir plus ce lundi, nous avons contacté le Musée des Beaux-Arts, où, manifestement, on était fort embêté de la situation, alors que la communication à l’égard des médias francophones avait été parfaite de la part du musée et de VisitGent en général. Bart Ooghe, responsable Communications du MSK, se montrait compréhensif. "Nous n’avons pas pris la mesure de l’engouement que Jan Van Eyck pouvait susciter en France et dans la partie francophone du pays. Cette année, le Musée du Design de Gand organise une exposition autour des couleurs chez Van Eyck en partenariat avec Lille et, sur base de ce partenaire qui nous signala que ce peintre est moins connu que des Bruegel ou des Rubens, l’éditeur avec lequel nous travaillons n’a pas trouvé de maison d’édition francophone ou française prête à financer les frais de traduction. Nous sommes bien conscients du problème et, d’ici une semaine, nous allons tenter de rectifier le tir. Déjà, apprenant que l’éditeur ne ferait pas de publication en français, le MSK a décidé de publier un petit catalogue de l’exposition notamment en français."

Le gros catalogue-livre d’art publié à l’occasion de l’expo est, lui, 5 euros plus cher en anglais et en allemand qu’en néerlandais. "Ce sont typiquement les frais de traduction", conclut Bart Ooghe, qui ne désespère pas de pouvoir annoncer sa sortie en français d’ici la fin de l’année Van Eyck.

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