Canicule : le rail belge sous haute surveillance

Infrabel met en place un monitoring des voies pour garantir la sécurité des voyageurs

Y. N.
Canicule : le rail belge sous haute surveillance
©Infrabel

C'est un phénomène que l'on observe à chaque fois que les températures s'élèvent au point de s'approcher des standards caniculaires : des retards, parfois conséquents, sont recensés aux quatre coins du pays. Des annulations de trains aussi. Chaque jour de canicule, la SNCB doit enregistrer une augmentation des retards. Et les journées de vendredi et de samedi ne devraient pas y échapper.

Un phénomène physique auquel seules les innovations technologiques du futur pourraient trouver une solution, et dont la cause est à trouver dans la dilatation des rails et caténaires sous l'effet de la chaleur. "Les rails, le ballast (NDLR : les cailloux qui supportent les rails) et les traverses en béton accumulent la chaleur… Dans les voies, la température atteint entre 10 et 20°C de plus que la température ambiante, confie Jessica Nibelle, porte-parole d'Infrabel. A la nuit tombée, les températures peuvent baisser très rapidement. Ces variations rapides de températures sont susceptibles d’avoir un impact sur les équipements et infrastructures ferroviaires."

Les caténaires doivent en effet avoir la position la plus horizontale possible pour permettre une adhésion au pantographe des trains. Pour cela, elles sont soumises à des tensions mécaniques grâce à un ingénieux système de poulies et contrepoids. Mais lors de fortes chaleurs, les caténaires se dilatent et les contrepoids descendent jusqu'à parfois toucher le sol et ne plus parvenir à tendre suffisamment les caténaires. A vitesse normale, le pantographe des trains pourrait alors arracher la caténaire. Pour éviter cela, une diminution de la vitesse maximale des trains est opérée, générant parfois d'importants retards sur les lignes. Cette vidéo, diffusée par la SNCF, explique le phénomène très clairement :

Par ailleurs, l'effet de la chaleur peut aussi être problématique pour les rails. En cas de forte chaleur, le rail peut observer une dilatation, remarqué par un allongement. Or, par le fait qu'il soit ancré dans le sol via les traverses en béton, le rail en surchauffe est contraint de se gondoler pour se dilater, ce qui peut entraîner un serpentage des voies. "Les voies ne permettent alors plus aux trains de circuler en toute sécurité."

Pour éviter tout risque, Infrabel vient de lancer son plan "chaleur". "Afin de garantir la sécurité du réseau ferroviaire, le gestionnaire du réseau ferroviaire belge prend une série de mesures préventives : contrôles des voies, des aiguillages, de la caténaire, de la climatisation des installations électriques et des datacenters, identification des talus vulnérables aux incendies,… Les équipes du Central Dispatch, le centre de coordination du trafic d’Infrabel, diffuseront plusieurs fois par jour des bulletins météo aux agents sur le terrain. Outre ces mesures préventives, le personnel se tiendra aussi prêt à intervenir à tout moment en cas de problème."

Il y a quelques mois, Infrabel avait mené une expérience-pilote en repeignant en blanc plusieurs kilomètres de rails en province de Liège. Objectif : favoriser la réflexion des rayons du soleil afin de réduire la température des rails et limiter les risques de serpentage. Une expérience qui ne devrait pas déboucher sur des investissements généralisés dans les prochains mois. éCette technique permet de maintenir une température plus basse de 4°C, confie Jessica Nibelle, d'Infrabel. Deux ans plus tard, la peinture est toujours en place et n’a pas besoin d’être rafraîchie. Ces deux dernières années, le développement du projet des rails blancs n’a pas été repris dans les priorités, en raison notamment du Covid et des inondations de l’été dernier qui nous ont contraint à adapter le planning de certains chantiers."

Un train sur trois pas climatisé

Il n'y a pas que l'infrastructure extérieure qui risque de souffir ces vendredi et samedi. Les personnes embarquant dans certains trains pourraient également éprouver des difficultés. Selon les chiffres fournis par la SNCB, un train sur trois circulant en semaine ne serait pas encore équipé de climatisation. "Cette absence de climatisation concerne le vieux matériel roulant, essentiellement utilisé en tant que train p." Les trains IC en seraient quasiment tous équipés. Le week-end, la proportion de trains roulant avec climatisation augmente, sans pour autant arriver à 100 %. "En raison de la vague de chaleur qui touche la Belgique, la proportion de trains climatisés est augmentée, précise Marianne Hiernaux, porte-parole de la SNCB. Il faut rappeler aux navetteurs l'importance de transporter de l'eau pour pouvoir bien s'hydrater en toutes circonstances dans nos trains."

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