Le projet qui inquiète les syndicats : “L’école doit rester obligatoire jusqu’à 18 ans”

Un projet de réforme de l’enseignement qualifiant inquiète les syndicats.

Joseph THONON
©Christophe Bortels

Dans le cadre du plan de relance de la Wallonie, le gouvernement wallon entend améliorer la qualité de l’enseignement qualifiant et de la formation professionnelle afin de faire davantage coïncider la formation des jeunes avec le marché de l’emploi et de limiter le taux de chômage. Pour ce faire, la Région affiche son objectif de renforcer la formation en entreprise et plus particulièrement, l’enseignement en alternance. Un programme qui inquiète fortement trois organisations syndicales.

"Nos inquiétudes ont toujours été vives quant à l'avenir de l'enseignement qualifiant. Il fait office de filière de relégation au sein de notre système scolaire inégalitaire et est couramment critiqué sans prise en compte de son contexte difficile. Malheureusement, ces inquiétudes viennent de s'amplifier après la divulgation d'une note conjointe adoptée par les gouvernements de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la Région wallonne, de la Région de Bruxelles-Capitale et de la Cocof qui livre les intentions de nos décideurs politiques en matière de formation et d'enseignement qualifiant, en particulier pour l'alternance", écrivent la CGSP-Enseignement, le Setca-Sel et Appel (Association professionnelle du personnel de l'enseignement libre).

En tête de leurs inquiétudes, la fin de l'obligation scolaire jusqu'à 18 ans. "En théorie, l'obligation scolaire est en vigueur jusqu'à 18 ans mais à partir de 15 ans, le jeune peut se diriger vers l'enseignement en alternance. Or il est essentiel que les jeunes gardent un contact avec le monde scolaire, ce qui n'est pas le cas dans les IFAPME", développe Joseph Thonon, président de la CGSP-Enseignement. À l'origine de cette crainte, les projets de rapprochement entre les CEFA et le secteur de la formation professionnelle. "Nous percevons les liens entre l'IFAPME, le SFPME et les CEFA comme une amplification de la concurrence déloyale au désavantage de l'enseignement", précisent les organisations.

Actuellement, les élèves des CEFA passent deux jours par semaine à l'école et les trois suivants en entreprise. Dans les IFAPME, ils passent un jour à l'école et 4 en entreprise. Une autre différence sépare les deux types d'enseignement. "Dans les IFAPME, les formateurs ne sont pas des enseignants. Ils n'ont pas de titre pour enseigner. Dans ce monde, ce sont les patrons qui sont à la manœuvre. Or il est essentiel que les élèves aient une formation générale qui comprend des mathématiques, des sciences, de l'histoire, etc. jusqu'à leurs 18 ans", estime Joseph Thonon.

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