Ryanair n’hésite pas à menacer les grévistes : "Ils envoient le même genre de mail après chaque grève"

Quelques jours après le dernier mouvement de grève, la direction a fait le point avec son personnel.

Van Hoof Thibaut
Ryanair n’hésite pas à menacer les grévistes : "Ils envoient le même genre de mail après chaque grève"
©AFP

Une semaine après la fin de la grève menée en Belgique par les pilotes et le personnel de cabine de la compagnie, la situation reste tendue chez Ryanair. On le sait, d’autres actions pourraient être menées cet été en Belgique, mais pas seulement.

Le week-end dernier, rappelons que des grèves ont aussi perturbé le trafic aérien en France, en Italie, en Espagne ou encore au Portugal. Et ce week-end, un nouveau mouvement mené en Italie a eu des répercussions sur certains départs à l'aéroport de Charleroi. En Espagne, les syndicats ont aussi posé un geste fort, en annonçant de nouvelles actions réparties sur… 12 jours, les 12, 13, 14, 15, 18, 19, 20, 21, 25, 26, 27 et 28 juillet. On remarquera que les prochains week-ends ne sont pas concernés, ce qui pourrait sauver des voyageurs belges qui partent en vacances. Les conditions de travail des pilotes et du personnel de cabine sont toujours au centre des protestations, de même qu'une baisse de salaire imposée au début de la crise sanitaire, et toujours pas rétablie aujourd'hui. Les syndicats espagnols appellent Ryanair à "changer d'attitude et à relancer les négociations en vue d'une nouvelle convention collective de travail".

Et en Belgique ? "À la fin d'une grève, c'est à la direction de relancer les négociations", a coutume de dire Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE pour le secteur aviation.

Des discussions qui n'ont toujours pas repris, même si la direction a communiqué en interne avec ses employés belges. Un mail qui nous est parvenu, et dans lequel on peut découvrir que Ryanair n'hésite pas à mettre la pression à ceux qui ont fait grève les 24, 25 et 26 juin. On peut notamment lire que Ryanair estime que 60 % de ses vols ont pu se dérouler sans problème "pour un certain nombre de passagers qui partaient en vacances pour la première fois depuis 3 ans". La direction rappelle également aux grévistes qu'ils ne seront pas payés pour les jours non prestés, conformément au droit du travail en Belgique. " Cette grève ne fait rien d'autre que vous coûter de l'argent, et retarder la mise en place d'améliorations de vos conditions de travail", lit-on encore.

Des reproches, avant de passer à des menaces à peine voilées. " Aucun progrès ne peut exister avec ceux qui font grève d'abord, et négocient ensuite. Nous sommes dépendants des passagers qui réservent des vols chez nous et des grèves ne font que les attirer ailleurs et cela cause des dommages au marché que nous avons construit en Belgique. Si vos délégués (syndicaux) sont déterminés à détruire cela, c'est leur affaire mais cela aura au final des conséquences sur vous qui aurez moins d'argent dans votre poche et/ou cela mènera le management à prendre des décisions économiques difficiles quand nous construirons les plannings pour l'hiver 2022 et l'été 2023 en Belgique. "

"Ils envoient le même genre de mail après chaque grève", souffle Didier Lebbe, qui rappelle également qu'une réunion se tiendra ce lundi avec la direction de Brussels Airlines, suite à la grève menée de ce côté-là les 23, 24 et 25 juin.

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