Limitation des allocations de chômage, cours de langue, régionalisation... Le CD&V dévoile sa réforme du marché du travail

Le CD&V avance quinze propositions pour réformer le marché du travail en Belgique.

BRUSSELS, BELGIUM - DECEMBER 08 : Robrecht Bothuyne during CD&V press conference with his chairman Sammy Mahdi to present the party's federal labour market plan on 08, 2022 in Brussels, Belgium, 8/12/2022 ( Photo by Didier Lebrun / Photonews
Le député flamand Robrecht Bothuyne lors de la présentation de ce plan de réforme en 15 points. ©DLE

Le CD&V a élaboré quinze propositions pour réformer le marché du travail. Dans leur "jobdeal 2.0", les chrétiens-démocrates flamands préconisent, entre autres, une dégressivité plus rapide des allocations de chômage, leur limitation dans le temps ainsi que des cours de langue obligatoires pour les demandeurs d'emploi de langue étrangère.

En outre, le CD&V est favorable à une politique plus asymétrique et à plus long terme. Il souhaite également que la politique du marché du travail soit davantage régionalisée et le justifie par le contexte. Le taux d'emploi en Belgique est encore loin de l'objectif de 80 % et est le plus bas de tous les pays d'Europe occidentale. De plus, la Flandre campe avec le problème d'un nombre historiquement élevé d'offres d'emploi couplé à une inadéquation qualitative et quantitative sur le marché de l'emploi.

Les finances de l'Etat pointées du doigt

Bruxelles et la Wallonie, en revanche, sont confrontées à d'autres problèmes tels qu'un taux de chômage plus élevé, fait valoir le parti. La Belgique compte également un nombre important de chômeurs de longue durée et d'inactifs. Il y a actuellement plus de 280 000 demandeurs d'emploi dans toute la Belgique, dont plus de 150 000 personnes au chômage depuis plus de deux ans. Et puis il y a encore beaucoup de personnes qui sont officiellement inemployables, dont on dit qu'elles ne peuvent pas être orientées vers un nouveau travail et pour qui on a donc tout simplement renoncé.

De plus, la situation budgétaire actuelle de l'État fédéral, dont un déficit de plus de 30 milliards d'euros, finira par hypothéquer le bien-être des générations futures. Pour le CD&V, des réformes structurelles sont nécessaires pour remettre notre pays sur les rails.

Dans ce contexte, le parti préconise notamment d'accélérer la dégressivité des allocations de chômage. Cela impliquerait que l'allocation soit plus élevée au début, mais qu'elle diminue plus rapidement par la suite afin de donner au demandeur d'emploi une incitation plus rapide. Après deux ans (ou trois ans après une carrière de 20 ans), un chômeur devrait toujours conserver des allocations juste au-dessus du revenu d'intégration.

En outre, le CD&V veut limiter les allocations de chômage dans le temps. "Mais nous ne le ferons pas comme un couperet", a affirmé le député flamand Robrecht Bothuyne. La proposition consiste à limiter l'avantage à trois ans, ou à quatre ans pour ceux qui ont 20 ans d'ancienneté. Le "Christen-Democratisch en Vlaams" prévoit également une exception pour les personnes de plus de 55 ans qui ont travaillé pendant 20 ans.

Des cours de langue obligatoires

Autre soupape : six mois avant la fin des prestations, le demandeur d'emploi recevra une autre "offre ultime sur mesure".

Même lorsque le paiement de l'allocation est interrompu, le demandeur d'emploi doit rester "sous le radar" du VDAB, le pendant flamand du Forem et d'Actiris. Pour ceux qui ne peuvent toujours pas être orientés vers le marché du travail, une solution doit être recherchée avec le VDAB, en collaboration avec les CPAS.

Si cela dépendait du CD&V, un demandeur d'emploi devrait également être prêt à apprendre la langue. S'il le refusait, il perdrait le droit aux allocations de chômage. En parallèle, l'offre de cours de langues serait étendue.

Parallèlement à cela, le CD&V estime qu'il devrait devenir fiscalement plus intéressant pour les employés d'effectuer des heures supplémentaires chez leur propre employeur. "Aujourd'hui, par exemple, il arrive que le personnel hospitalier ne veuille pas faire d'heures supplémentaires le week-end parce qu'il est plus intéressant de faire un travail flexible dans le secteur de la restauration", a expliqué la députée fédérale et ex-ministre Nathalie Muylle.

Enfin, le CD&V soutient que les allocations ne devraient jamais augmenter plus vite que les salaires, afin qu'il reste financièrement intéressant de travailler plutôt que de rester au chômage.

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