Vol à l’étalage: jusqu’à 350 euros en cas de flagrant délit

La mesure de sanctions prise par Vincent Van Quickenborne se heurte à un flou juridique. Seuls 10 % des vols sont déclarés.

Vol à l'étalage / magasin / grande surface
Vol à l'étalage.

Afin de tenter d'enrayer le phénomène, les voleurs à l'étalage peuvent se voir infliger, depuis le 1er janvier 2022, une transaction immédiate pouvant aller jusqu'à 350 euros. L'auteur doit également rembourser les dommages causés au commerçant. "Le vol à l'étalage reste une forme courante de criminalité qui, contrairement aux autres types de vol, n'est pas à la baisse. Tout commerçant y a déjà été confronté", explique le ministre Vincent Van Quickenborne, à l'initiative de cette mesure.

Mais souvent, aucune plainte n'est déposée. "Selon les estimations, seuls 10 % des vols constatés sont déclarés. Derrière ce faible taux de plainte se cache donc un chiffre noir important. Le nombre réel de cas de vols à l'étalage étant en vérité bien plus élevé. L'auteur a trois possibilités de paiement : sur place via un terminal de paiement ou un code QR, ou dans les quinze jours via un virement bancaire classique", précise-t-il.

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L'objectif de cette procédure est de faciliter le traitement rapide de cas de petite délinquance sans surcharger la police et les tribunaux. "En imposant des transactions immédiates, nous pouvons combattre le sentiment d'impunité qui règne. Elle permet à la police d'agir dans l'immédiat et au parquet de se concentrer sur les affaires plus complexes. Le nombre de transactions immédiates dressées au cours de cette année sera communiqué dans le courant du mois de février", précise le ministre.

Mais selon le SNI, la mise en application de cette mesure se heurte à un flou juridique. "Le petit commerçant qui n'a pas de moyen de se payer un agent de sécurité ou un dispositif de contrôle n'a légalement pas le droit d'ouvrir le sac du client, et ce, même s'il est intimement convaincu qu'un produit volé s'y trouve. Par ailleurs, quand le commerçant fait appel à la police, cela engendre des frais administratifs qui ne sont pas couverts, ou alors le défraiement n'est pas suffisant", précise Olivier Mauen.

Du côté de Comeos, l'on estime qu'un travail de communication doit être réalisé afin de faire connaître la mesure. "Dans la pratique, il s'avère que plusieurs zones de police ne sont pas encore au courant de cette mesure alors que cela permettrait de faciliter la vie des policiers", conclut Isaac De Coster, expert sécurité chez Comeos.

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