La réforme de la loi sur l’IVG telle qu’envisagée veut répondre à ce phénomène.

En 2017, 472 femmes belges sont allées avorter aux Pays-Bas, où l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est autorisée jusqu’à 22 semaines de grossesse. Elles étaient 527 en 2016, selon des statistiques de la Commission nationale d’évaluation "interruption de grossesse".

C’est, entre autres, pour répondre à ce phénomène qu’un assouplissement de la loi sur l’IVG a été voté en fin d’année dernière en commission Justice de la Chambre. Le texte, soutenu par huit partis (PS, SP.A, MR, Open VLD, Écolo, Groen, Défi et PTB), fait notamment passer le délai dans lequel l’avortement peut avoir lieu de 12 à 18 semaines de grossesse. Un avis du Conseil d’État sur la proposition de loi est attendu pour la mi-février.

De manière générale, le nombre d’IVG en Belgique a baissé de 10 % ces cinq dernières années, revenant au niveau de 2006, selon la Commission nationale. C’est la première fois depuis plusieurs années que cet organe consultatif du SPF Santé publique a pu publier ses statistiques, après une pénurie de candidats pour remplir les mandats. Un rattrapage a été opéré et la Commission a pu établir les statistiques de 2014 à 2017.

Grossesses non désirées

En 2017, la Belgique a recensé 17 108 avortements, soit 10 % de moins que cinq ans auparavant. C’est chez les jeunes femmes de 15 à 24 ans que la baisse est la plus marquée. On la doit essentiellement à l’accessibilité accrue et aux moindres prix des moyens de contraception, selon la Commission. À long terme, la tendance est moins spectaculaire cependant. Le nombre total d’IVG ne s’est réduit que de 380 unités de 2006 à 2017.

Dans un tiers des cas, la raison de l’avortement est que la patiente ne désirait pas d’enfant à ce moment de la vie. Dans près de la moitié des cas, la grossesse était la conséquence de l’absence de recours à un moyen contraceptif.