L'indice de satisfaction avoisine les 88%, mais décroît avec l'âge

BRUXELLES L'année 2000 a confirmé la percée du Viagra dans notre pays. Les chiffres fournis, hier, en primeur, par les laboratoires Pfizer font en effet état d'une augmentation de près de 60% des ventes de la pilule d'amour, puisque quelque 550.000 comprimés ont été vendus en Belgique l'an dernier, contre environ 350.000 en 1999. Dans six cas sur dix, la prescription émane d'un médecin généraliste, les urologues accaparant un tiers des ordonnances, le solde étant à attribuer à d'autres catégories de spécialistes. Les dosages de 50 et de 100 mg restent les plus prisés.

Ce succès s'explique d'une double manière. Un: même si tous les tabous ne sont pas levés, les patients hésitent beaucoup moins qu'auparavant à s'adresser à un praticien pour trouver une solution à leur problème de dysfonctionnement érectile. Deux: le Viagra, d'une simplicité d'utilisation enfantine, donne des résultats extrêmement intéressants, avec des effets secondaires limités.

A propos de ce second point, nous avons pu prendre connaissance des résultats d'une étude sur la satisfaction liée au traitement par Viagra, réalisée dans quarante services d'urologie belges, et intégrant un demi-millier de patients. Moyenne d'âge: 54 ans, la fourchette étant comprise entre 19 et 79 ans. Chacun d'entre eux a consommé, en moyenne, huit comprimés de Viagra par mois, et ceci sur une période de douze semaines. Leur appréciation de l'efficacité de la petite pilule bleue devait prendre en compte au moins deux essais de rapports sexuels, après chaque prise. La dysfonction érectile était qualifiée de sévère pour 44% des participants, et de légère à modérée pour les autres. Il est à noter que la moitié du panel avait déjà été traité par d'autres moyens (pompe, injections...).

La satisfaction. Globalement, 88% des patients se disent satisfaits du Viagra (la proportion est de 50% pour les autres traitements contre l'impuissance). Aucune différence notable n'est enregistrée selon le degré de sévérité de l'impuissance. Par contre, l'âge intervient de manière significative, puisque si 90% des moins de 65 ans sont comblés, cette proportion descend à 74% ce qui reste très honorable parmi les 65 ans ou plus. L'origine du dysfonctionnement joue un rôle important aussi, le Viagra étant sensiblement plus efficace (96,6%) lorsque l'impuissance est d'origine psychologique (organique: 81,1% de satisfaits; mixte: 88,8%).

L'amélioration est essentiellement ressentie sur le plan de la qualité de l'érection, de la sensation d'orgasme et de la satisfaction du coït (moins pour le désir sexuel).

La sécurité. A propos des effets secondaires, 45% des patients en ont fait état. Les plus fréquents sont les maux de tête, les bouffées, le nez bouché et les troubles visuels. Ces désagréments sont donc fréquents, quoique minimes, et quasi jamais de nature à entraîner l'arrêt du traitement.

Conclusion. `Ces observations nous font conclure qu'aujourd'hui, le Viagra peut être considéré comme le meilleur choix pour le traitement même temporaire des troubles de l'érection´, notent les auteurs de l'étude, coordonnée par les services d'urologie de l'hôpital Saint-Jean (Bruxelles) et du CHU de Liège.