Société La ministre de la Santé "clarifie" la règle de vente d’alcool aux mineurs d’âge. Les acteurs de terrain ne voient pas la nouveauté.

Les mineurs seront désormais contrôlés via leurs cartes d’identité. À partir de 16 ans, ils pourront acheter et consommer du vin et de la bière uniquement. Ils ne peuvent cependant pas acheter d’alcools plus forts ni de mélanges de type "pré-mixes à base de bière auxquels a été ajouté un (arôme de) spiritueux". Pas de "bières étiquetées, présentées ou commercialisées avec une référence à un spiritueux" ni de "pré-mixes à base de vin auxquels ont été ajoutés d’autres boissons ou produits".

Cette annonce, qui sera votée ce vendredi matin par le Conseil des ministres, est faite en vue de clarifier une "situation floue" nous dit-on au cabinet de la ministre des Affaires sociales et de la Santé publique. Maggie De Block (Open VLD), par voie de communiqué, précise : "Après des années d’incertitudes sur le terrain, il y aura désormais une règle très claire pour tous : si vous avez 16 ou 17 ans, vous pourrez commander une bière ou un verre de vin."

Pour Martin De Duve, directeur de l’ASBL Univers Santé, rien ne change vraiment. "C’est un effet d’annonce sur une mesure faible. Le problème reste le même qu’avant. L’alcool, c’est la deuxième cause de mortalité évitable. On attend un véritable plan alcool, un plan digne de ce nom !" Le responsable souhaite que la ministre se base sur une étude réalisée par le Conseil supérieur de la santé. "Elle l’a demandée ! Elle en a pris connaissance, mais elle ne fait rien. On aurait pu, par exemple, imaginer une interdiction sur le degré d’alcool." Martin De Duve va plus loin : "Historiquement, c’est l’Open VLD qui a toujours bloqué, a marqué son opposition à un vrai plan alcool. La ministre n’a pas les coudées franches. Elle pourrait être limitée dans ses actions par son parti. C’est cadenassé. Elle ne prend aucune mesure. Elle a une formation de médecin. On pourrait présupposer que le problème attire son attention…"

La ministre, quant à elle, a conscience que la régulation et la clarté n’empêcheront pas d’éventuelles addictions et des consommations problématiques. "Nous devons expliquer aux jeunes quels sont les risques liés à l’alcool. Dans ce domaine, les parents remplissent un rôle important et, de manière plus générale, aussi dans le choix de boissons et d’aliments sains. Faire de la bière et du vin des fruits défendus les rend encore plus attrayants", précise-t-elle.