Les hôpitaux font appel à de plus en plus de médecins non-Belges alors qu'il y a le Numerus Clausus

BRUXELLES Une aberration nationale ! Alors que le monde politique stagne dans sa négociation gouvernementale, il devra rapidement se pencher sur le dossier du Numerus Clausus. En effet, les hôpitaux belges font de plus en plus appel à des médecins non-Belges pour combler des pénuries chez nous.

Rien de mal en soi... sauf qu'en Belgique, il existe le Numerus qui empêche des centaines de jeunes Belges de faire des études de médecine ! Vous avez dit : le système est malade ? Vous n'avez pas tort même si c'est plus complexe que cela.

Le Numerus devra évoluer

Nous avons interpellé Marie-Dominique Simonet, ministre de l'Enseignement supérieur en Communauté française sur le sujet : "Il y a actuellement de grandes difficultés de recrutement de médecins dans les hôpitaux. On se rend compte que ceux-ci recrutent de plus en plus des médecins à l'étranger. En plus, on a aucun contrôle sur l'arrivée des médecins non-Belges en raison de la liberté de circulation des travailleurs. Cet effet démontre les limites du système. "

Que faire ? "Les étudiants doivent être conscients que le système ne peut pas tous les absorber. Ce qui est vraiment étonnant, c'est l'explosion du nombre d'étudiants. On est passé de 935 en 2000 à 1.800 en 2006-2007."

Le Numerus peut-il durer ? "Il y a des pistes de réflexion. L'une d'elles serait de faire sauter le numéro Inami en maintenant le verrou communautaire. En effet, il est possible d'écarter le verrou Inami au niveau fédéral tout en mettant en place un accord de coopération entre les Communautés."

Un problème qui inquiète aussi le Pr Frühling, secrétaire perpétuel de l'Académie royale de médecine, qui s'exprime dans le Journal du Médecin : "Des médecins formés en Roumanie ou en Lituanie vont pouvoir venir solliciter légalement une place en Belgique. D'ici une génération, il n'y aura plus assez de médecins belges, très bien formés, de première division dans nos hôpitaux. Ils seront remplacés par les réservistes de Provinciale B, provenant d'universités obscures de pays don't on ne contrôle pas le niveau d'enseignement. Il faudra tenir compte de ce niveau de formation."



© La Dernière Heure 2007