Un mois sans école, c’est bien. Deux mois, à la limite. Mais plus que ça… c’est beaucoup trop ! Il était de temps de retourner à l’école", s’exclame Jules, élève de première secondaire, à la sortie de sa nouvelle école, le lycée intégral Roger Lallemand, situé à Saint-Gilles. Pour le jeune adolescent, le port du masque (rendu obligatoire pour tous les élèves âgés de plus de 12 ans) n’est qu’un détail. À peine de quoi entamer la joie des retrouvailles.

"Le masque, ce n’est rien du tout. Je trouve même que ça tient chaud. Et puis les classes sont bien aérées, donc on n’a pas de problème pour respirer. En fait, c’est une question d’habitude. Ça fait déjà un moment qu’on le porte, on est déjà habitués et on ne le remarque plus vraiment. La seule chose qui est dommage, c’est qu’on n’entend pas toujours très bien ce que les professeurs nous disent", précise-t-il.

"Ni les élèves d’ailleurs. On ne comprend pas grand-chose quand quelqu’un parle en classe", ajoute Alice, une camarade de classe.

Pour Lou aussi, c’est la joie qui prédominait mardi, à la sortie de l’école. "La rentrée s’est super bien passée. Je suis super content de ma nouvelle école. On a fait plein de petits jeux pour apprendre à se connaître et je me sens déjà très bien dans ma classe. Trois mois sans les copains, ça fait long, j’avais très envie de les revoir. Les secondaires, c’est top", confie-t-il, en jetant un coup d’œil à son papa, manifestement rassuré par le récit de cette première journée dans l’école des grands.

"Je ne suis plus inquiet du tout. L’école a très bien expliqué comment ça allait se passer avec les règles Covid. Mon seul regret est de ne pas pouvoir entrer dans l’école pour rencontrer les nouveaux professeurs de mon fils", indique Kobe, son papa.

"Pour le moment, les élèves portent bien leur masque. On verra si ce sera toujours aussi facile dans deux semaines, quand ils seront un peu plus à l’aise. On s’attend aussi à entendre beaucoup de questions auxquelles on n’aura pas forcément de réponse. Certaines questions restent en suspens, notamment l’organisation des cours de sport. Mais, à part ça, la rentrée sera presque normale", conclut Cédric, éducateur au lycée intégral Roger Lallemand.

"Nous voulons leur offrir une rentrée la plus normale possible"

Si la plupart des élèves que nous avons rencontrés lundi sur le chemin de l’école ou à la sortie des cours semblaient ravis de retrouver leurs copains et leurs enseignants, certains parents, eux, paraissaient moins sereins.

Une maman venue conduire ses trois enfants dans une école fondamentale bruxelloise ne cachait pas son stress. "Je vous avoue que je ne suis pas très sereine. L’année passée, l’institutrice de mon fils a été testée positive à la fin de l’année. J’espère que ça ne va pas recommencer cette année. J’ai un bébé de 2 mois à la maison et trois autres enfants en bas âge, je n’ai pas envie qu’ils tombent malades", confiait-elle.

Pour Jean-Marie, père de la petite Coline, ce n’est pas le virus qui inquiète mais le port du masque.

"Je suis très inquiet de l’effet du masque et des mesures de sécurité sur les enfants. Les instituteurs vont-ils pouvoir prendre un enfant qui pleure dans leurs bras ? Vont-ils pouvoir les rassurer ? J’ai peur que les enfants soient perturbés et qu’ils aient du mal à décoder ou entendre certaines choses", indique-t-il.

Heureusement pour ces parents, Valérie, la directrice, se montre rassurante. "Nous avons décidé d’offrir une rentrée des classes la plus normale possible. L’équipe pédagogique est très relax et moi aussi. On est tous contents de retrouver une rentrée normale, des classes normales. On s’attend d’ailleurs à ce que la plupart des élèves et des enseignants soient présents", indiquait-elle mardi matin.