"Les enfants demandent des clowns, des trapézistes et des animaux. Si on enlève ces derniers, c’est la fin. Tout le monde ne peut pas faire le Cirque du Soleil."

Le constat, doublé d’un cri d’alarme, lancé hier, à l’hippodrome de Boitsfort (situé à 95 % sur... Uccle), par Marquis Pauwels, grand patron du chapiteau éponyme, ne tient pas du chantage. Mais de la peur que, ce mercredi, ne soit adopté, en commission de la Santé, un projet de loi contraignant les pistes à se passer de tout animal sauvage de type lions, tigres ou éléphants. Pour l’heure, des tigres blancs font le succès, total, du spectacle - qui, du reste, les met à l’affiche - proposé par les Pauwels, père et fils, du côté de la chaussée de La Hulpe.

Prêchant pour sa chapelle, Marquis Pauwels prend exemple sur ce qui se pratique outre-Quiévrain "et quasi toute l’Europe" : "Si l’on instaurait un certificat de capacité comme en France et un droit d’ouverture au public?" En un mot comme en cent, l’ex-Monsieur Loyal du Cirque de Bruxelles écarterait, simplement, tout qui déroge à la législation belge. Sans verser dans une mesure radicale...

Cette thèse, le député fédéral Damien Thiéry (FDF) se fera fort de la défendre à son tour. En développant divers éléments qu’il espère à même de faire fléchir Laurette Onkelinx (PS), la ministre de la Santé. Primo, "on veut légiférer de façon stricte en s’en référant à l’Autriche où n’existe qu’un cirque", énonce le bourgmestre de Linkebeek. En secundo, Damien Thiéry (s’)interrogera sur les influences de la ministre. "Je la crois influencée par Gaia et un groupe de travail au sein duquel seul Bouglione, qui ne travaille plus avec des animaux sauvages, représentait le secteur."

Les tertio et quarto du parlementaire en passe de quitter le fédéral ne paraissent pas les moins percutants : "Le projet de loi autoriserait les bovins, porcs, chameaux... Ce qui n’intéresse pas les cirques, en quête d’exceptionnel. Enfin, on veut légiférer alors qu’on n’applique pas la réglementation actuelle. Il suffit de déchoir ceux qui ne la respectent pas. Mais on se chatouille pour se faire rire car on légifère de façon scandaleuse alors que, dans l’absolu, il n’y a aucun souci."