Schola Nova est unique en son genre, les élèves y apprennent à parler… latin.

Le long de la route de Namur, à Opprebais, dans le Brabant Wallon, se situe une école pas comme les autres. Installée depuis 1995 dans une grande bâtisse blanche, Schola Nova accueille une soixantaine d’élèves du primaire et du secondaire. Sa particularité : on y enseigne le latin parlé. Une partie des cours se déroule même dans cette langue que les enseignants estiment bien plus vivante que morte.

"Vous savez, le latin est la seule langue commune à tous les Européens. De plus, elle permet de mieux comprendre les textes anciens", explique le fondateur de l’école, Stéphane Feye, ancien professeur au conservatoire et passionné de lettres classiques.

Il faut dire qu’ici, on met particulièrement l’accent sur l’apprentissage de la culture gréco-latine. En première année d’humanité, les élèves suivent neuf heures hebdomadaires.

"Apprendre à parler le latin est une démarche cohérente dans ce cadre d’études. Imaginez apprendre le néerlandais sans jamais le parler", note Caroline Thuysbaert, directrice et professeur de latin.

Mais le latin n’est pas la seule matière enseignée à Schola Nova. Comme dans n’importe quel établissement scolaire, les élèves suivent des cours de mathématiques, géographie, sciences ou encore de musique. Mais ici, à la fin des humanités, aucun diplôme reconnu n’est délivré, statut privé oblige. "Nous préparons les élèves au jury central et aux épreuves d’admission dans les universités. La plupart d’entre eux ont d’ailleurs un ou deux ans d’avance quand ils entament leurs études supérieures", se félicite la directrice.

Il faut dire que tout est fait pour tirer le meilleur des élèves. Les classes sont réduites et les différentes classes d’âge mélangées. La classe de 1ère secondaire compte par exemple une douzaine de jeunes âgés de 10 à 12 ans. La charge de cours est aussi moindre en comparaison avec les écoles dites classiques. L’équipe enseignante (qui communique entre elle en latin), est aussi particulière. "Les profs sont ici très motivés. Une partie fait même du bénévolat. Ce sont tous des passionnés qui transmettent leur motivation aux jeunes", poursuit Mme Thuysbaert.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela semble porter ses fruits. L’ambiance est conviviale. Pendant les intercours, certains n’hésitent pas à s’installer sur le piano présent dans la salle pour y jour une mélodie. En classe, ils sont réactifs, intéressés et paraissent prendre du plaisir à écouter les professeurs. "Pendant les cours, nous sollicitons beaucoup les élèves afin de rendre le cours plus vivant. Donc si l’un ou l’autre s’endort, on le remarque très vite", plaisante la directrice.

Mais cette qualité d’enseignement a aussi un prix. Le minerval est fixé à 385 € mensuels. Un luxe donc pas accessible à toutes les bourses. "Mais nous n’avons jamais refusé personne sur base de son portefeuille", précise l’école, qui affirme délivrer des bourses pour les élèves les plus modestes. Avis aux amateurs.