Par prudence, les menus de cantines bruxelloises sont modifiés

BRUXELLES Une dépêche de l'Agence France Presse l'annonçait mardi matin: dans le sillage de onze arrondissements parisiens, plusieurs grandes municipalités françaises ont décidé le retrait `par mesure de précaution´ de préparations à base de boeuf des menus de leurs cantines scolaires. La décision découle du mouvement de panique né de la découverte de nouveaux cas de vache folle et de viande contaminée outre-Quiévrain.

La Belgique va-t-elle suivre le mouvement? La réponse est oui, à tout le moins en certains endroits de la Communauté française. `Ce mardi matin, nous avons décidé de retirer le boeuf des menus à partir de lundi prochain et pour au moins deux semaines´, explique José Orrico, directeur du Comité des repas scolaires et communaux de la Ville de Bruxelles. Un organisme qui représente un bon baromètre, puisqu'il fournit quelque 6.000 repas quotidiens à des écoles de la capitale.

`Il s'agit d'une mesure de pure précaution visant à éviter toute psychose et à rassurer les parents qui manifestent depuis ce matin leur inquiétude suite à ce qui se passe en France´, poursuit M. Orrico. `Mais le boeuf que nous servons est d'origine belge et est l'objet de mesures de contrôle beaucoup plus importantes qu'en France.´

`Nous ne commanderons plus de boeuf dans l'attente d'éléments scientifiques plus probants´, confirme l'échevin bruxellois de l'Instruction publique, Jean-Baptiste De Cree (PS). `Le point sera à l'ordre du jour de notre prochain conseil d'administration, qui confirmera la suspension par pure précaution.´


`Nous aurons davantage recours à la volaille, au poisson, au porc ou à la nourriture végétarienne´ enchaîne M. Orrico. `Nous espérons que cela ne durera pas trop longtemps: les enfants ont besoin de boeuf et on ne servait déjà pas de côtes à l'os. Mais nous préférons jouer la prudence´

D'autres cantines du pays suivront-elles le mouvement (lire par ailleurs) ? Au niveau ministériel, aucune mesure générale n'est en tout cas envisagée.

Pas de circulaire `Les cantines relèvent de la responsabilité des pouvoirs organisateurs chapeautant les écoles et le ministre ne dispose que d'une possibilité de recommandation par circulaire qu'il ne compte pas utiliser pour le moment´ explique-t-on chez l'écolo Jean-Marc Nollet (Enseignement fondamental). `Il y a déjà eu une grande responsabilisation des cantines lors de la crise de la dioxine à la mi-99. Les aliments font déjà l'objet d'un contrôle et d'un suivi très sérieux et une série de produits sont interdits, comme la viande située près des os.´

Même écho chez le ministre de l'Enseignement secondaire Pierre Hazette (PRL). `En l'absence d'une décision générale venant de la ministre fédérale de la Santé Magda Aelvoet, il n'y a pas lieu de faire de recommandation aux écoles´, y indique-t-on.

Et justement, chez Magda Aelvoet (Agalev), on joue l'apaisement. `Les experts scientifiques se penchent très sérieusement sur ces questions´, indique Renaud Klee, chef de cabinet adjoint de la ministre. `Ils disent que les données sont aujourd'hui trop insuffisantes pour prendre des mesures d'une telle extrémité. Il n'y a pas lieu de créer une psychose qui ne se justifie pas. Mais nous restons sur la balle´

Et dans les écoles wallonnes?