Société Dans la plupart des civilisations, il occupe une place de choix.

En Europe, la population des chiens s’élève aujourd’hui à plus de 60 millions de représentants canins (source : www.fediaf.org). Ce chiffre édifiant nous démontre combien nos fidèles compagnons occupent une place de choix dans le quotidien de nos vies et de nos familles. Cet état de fait n’est pas nouveau : de tout temps, les civilisations les plus anciennes et les plus éloignées comptaient déjà avec la présence du chien. En Europe, en Afrique ou en Asie, le chien s’est intégré dans l’évolution des relations avec l’espèce humaine.

Il a fallu approximativement près de 40 millions d’années pour aboutir aux caractéristiques connues de nos chiens actuels, au cours d’un processus d’évolution et de diversification qui a débuté sur le continent américain par l’apparition d’une famille proche de la belette actuelle : les miacidés.

Ces miacidés avaient un régime alimentaire proche de celui que nous définissons aujourd’hui pour les carnivores : ils se nourrissaient très probablement d’invertébrés, de lézards, d’oiseaux et de petits mammifères tels que des musaraignes.

L’étude approfondie des dentitions et des boîtes crâniennes de ces miacidés démontre néanmoins que ces mammifères étaient moins développés que nos canidés actuels.

La famille des canidés, telle que nous la connaissons à l’heure d’aujourd’hui, comprend trois sous-familles : Tribu Canini ou chiens véritables, Tribu Vulpini ou renards vrais et Caninae basal ou renard et chien primitif. Chacune de ces sous-familles englobe une large diversité de genres.

Les canidés constituent une famille de mammifères carnassiers aux griffes non rétractiles. Cette large famille est divisée en 12 genres, 23 espèces et 4 sous-espèces pour le genre Canis. Certaines caractéristiques de morphologie sont communes à l’ensemble des représentants (un museau pointu, des canines longues et pointues, une dentition adaptée à un régime omnivore et un squelette défini pour la marche digitigrade).

Les canidés possèdent une grande faculté d’adaptation ce qui leur permet d’être présents sur les cinq continents de la planète (à l’exception de l’Antarctique) dans les milieux les plus divers et à diverses altitudes.

La particularité de l’espèce canine de nos jours est sans nul doute la grande diversité qu’elle présente entre ses différents représentants des multiples races du chien de petite taille au molossoïde, les caractéristiques anatomiques sont proches mais laissent s’exprimer des sensibilités propres à chaque individu.

La famille des canidés dont font partie nos chiens domestiques présente des caractéristiques influençant de manière majeure le mode de vie de ces animaux ainsi que leur comportement. C’est ainsi que l’on observe des cavités nasales amples, avec une surface de muqueuse interne présentant de multiples replis, augmentant fortement la capacité olfactive : ce sens de l’odorat fortement développé a été apprécié par l’Homme ancestralement puisqu’il s’agissait d’une capacité intéressante pour accroître le succès des séances de chasse.

L’odorat fortement développé de nos chiens les pousse à se servir de ce sens comme premier moyen de sélection de leur alimentation. Les canidés possèdent cinq doigts aux pattes antérieures et quatre aux pattes postérieures, tous étant terminé par un ongle affûté appelé la griffe. Cette griffe est non rétractile chez les canidés (à l’inverse de la griffe des félidés qui elle a cette capacité de rétraction).

Leur morphologie légère (les canidés sont considérés comme les plus légers de la famille des carnivores) leur permet de poursuivre les proies à l’affût et de la forcer à la course.

La méthode de chasse est conditionnée par cette caractéristique : les canidés se regroupent en meute avec pour objectif d’accabler la proie choisie par le nombre.

Depuis des milliers d’années, l’homme avait parfaitement bien ressenti et compris les avantages qu’il pouvait retirer des fantastiques qualités du chien. Certains sens plus aiguisés que les siens comme c’est le cas pour l’ouïe et l’acuité visuelle, des facultés physiques plus adaptées à la chasse, une endurance supérieure à la sienne et une socialisation rendue facile par la volonté d’intégration instinctive du chien.

Dans la civilisation égyptienne, il y a de cela plus de 3000 ans, le chien était si proche de l’homme que les Egyptiens en ont fait une divinité : Anubis, le dieu des morts, était ainsi représenté avec une tête de chien (ou de chacal). Lors de la mort de Pharaon, il était devenu rituel alors de momifier le chien avec la dépouille mortelle du monarque.

En Grèce, Cerbère (chien monstrueux à trois têtes) garde scrupuleusement les portes de l’Enfer au bord du Styx. Les Grecs ont très vite adopté le chien comme réel animal de compagnie, plus encore que comme chien d’utilité comme c’était le cas chez les Egyptiens. Pour certains d’entre eux, le chien conserve également son rôle fonctionnel, comme c’était le cas pour les guerriers grecs qui partaient volontiers accompagnés de leurs molossoïdes au combat.

Dans la civilisation romaine, le chien n’est pas en reste : il part à la chasse avec son ou ses maîtres d’une part, mais les chiens de type molosses sont également aperçus lors des combats de gladiateurs au milieu des arènes.

Le chien est également utilisé à des fins de garde de troupeaux, raison pour laquelle les Romains prenaient soin de leur couper la queue et les oreilles afin de minimiser les risques de morsures par les loups.

Si les oies étaient volontiers utilisées en fonction de gardiennes de monuments, le chien reprenait ce rôle dans les quartiers et les villas plus aisées où son coût d’entretien n’était pas un frein à sa possession. On retrouve d’ailleurs à Pompéi de nombreuses illustrations de chiens de garde dans les villas praticiennes de l’époque.

En Chine, les empereurs accordent au chien une place de choix en l’invitant à trôner à leurs côtés sur le siège impérial ! L’astrologie chinoise réserve également une place d’honneur au chien puisqu’il est le onzième des douze animaux qui apparaît dans les signes du zodiaque.

Dans la civilisation celtique, le chien est considéré, quelle que soit sa taille, sa race comme un animal au courage exceptionnel et sans mesure. Au point que dans ces populations ancestrales, surnommer quelqu’un de "chien" prenait une allure d’hommage, afin de vanter les qualités de bravoure de la personne considérée.

Plus tard, au Moyen-Age, le chien conserve son statut privilégié de chien de chasse notamment, s’illustrant à merveille dans les chasses à courre et prenant ainsi sa place au sein du foyer.

L’Histoire se répète donc… Le chien conserve sa place privilégiée dans nos familles pour le plus grand bonheur de tous, grands et petits !!!