Société Alors que 60 % des grands-parents belges gardent leurs petits-enfants, un excès de cette activité serait néfaste pour leur santé... Et v’là les parents bien embêtés !

L’une des particularités du burn-out, mot valise devenu à la mode et dont la légitimité reste discutée (beaucoup le classent encore, à tort, au rayon des maladies imaginaires), c’est son aspect récent. Nos grands-parents, quand bien même en ressentaient-ils les effets, n’ont jamais connu de burn-out ! Non qu’ils aient eu moins à en faire ou qu’ils étaient d’une résistance plus âpre, mais les objectifs et le contexte économique d’alors étaient sans doute globalement moins tendus qu’aujourd’hui.

Alors, épargnés par le burn-out, papy et mamy ? Loin s’en faut !

Selon une étude australienne parue dans la revue Ménopause, garder les petits-enfants causerait chez pépé/mémé des effets similaires à l’overdose de responsabilités et de boulot, incarnée par le burn-out. Dixit l’étude, garder ses petits-enfants un jour par semaine serait bénéfique pour la santé des seniors mais... néfaste au-delà. Ils apprécieront, en cette quinzaine pascale...

Les chercheurs qui ont diligenté l’étude ont mesuré les performances cognitives des grands-mères qui gardaient leurs petits-enfants plus ou moins longtemps. Et le résultat est sans appel : les mamys qui jouent à la nounou un jour par semaine et pas plus tirent de cette activité un effet cure de jouvence très favorable. Les capacités cognitives de ces grands-mères, mises face à des problèmes qu’il fallait résoudre stratégiquement, ont été considéra-blement améliorées.

En revanche, chez les mamys baby-sitters qui gardent les enfants de leurs enfants 5 jours par semaine, les tests furent beaucoup moins réjouissants… "Veiller sur ses petits-enfants ne présente pas seulement des bénéfices mais peut aussi avoir des conséquences néfastes, comme de l’anxiété et du stress, qui détériorent les performances cognitives" , concluent les chercheurs . Gare donc au surbaby-sitting !

Pourtant, l’aide des grands-parents, si elle est ancestrale, semble être de plus en plus sollicitée par les parents, plus que jamais actifs et... désemparés devant les tarifs des crèches. Selon les conclusions communes des enquêtes Share et Elsa, 6 grands-parents belges (mais aussi français et hollandais) sur 10 garderaient régulièrement leurs petits-enfants de moins de 16 ans. 11 % des papys-mamys d’Europe le font même tous les jours !

Le Figaro, qui rapporte l’info, a trouvé la formule pour dépeindre ce nouveau phénomène de société : la génération Chic-Ouf. Pour "Chic, ils arrivent, ouf, ils repartent." Tout est dit !