Interdiction d'appellations comme gourou, maître spirituel...

BRUXELLES Dans le courant du mois d'avril, un colloque réunira les acteurs des professions de santé mentale, afin d'examiner la dernière mouture d'un avant-projet de loi visant à mieux encadrer le secteur. «Particulièrement en matière de psychothérapies, les diplômes ne sont pas reconnus, le titre n'est pas protégé, les écoles sont multiples et diverses», indique le ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Rudy Demotte. «Il en résulte que la qualité des soins n'est pas toujours garantie.» Objectif du texte en voie de finalisation: «Assurer la sécurité à ceux qui exercent le métier de psychothérapeute de manière honorable et combattre les charlatans», les «écarter» de ce champ d'activités.

Par charlatans, on entend tous ceux qui prennent en charge des personnes déboussolées psychologiquement, et qui n'ont pas les compétences requises - et bientôt légalement reconnues - pour le faire. Ceux qui s'arrogent un titre, des qualifications, des capacités à soigner, à soutenir, à accompagner, à éclairer..., alors qu'ils ne bénéficient d'aucune formation spécifique. «Des abus sont effectivement stimulés par le flou qui entoure certaines fonctions dans le secteur des soins de santé mentale», note encore Rudy Demotte. «Les titres ou appellations susceptibles d'être confondus avec de véritables titres professionnels seront interdits, ce qui permettra de combattre en particulier l'usage illicite de titres par les membres d'une secte.»

Un article du projet de loi prévoit que le Roi (par le biais de son ministre) peut restreindre les titres qui risquent de prêter à confusion. Cela serait possible, par exemple, pour les termes du style gourou, guérisseur, maître spirituel, et ainsi de suite.

Si «écarter les charlatans» constitue déjà une étape importante, encore s'agit-il aussi de les sanctionner, estime la députée Hilde Vautmans (VLD). À l'occasion d'une récente question parlementaire, portant sur les guérisseurs parallèles, elle considère qu' «une concertation avec la ministre Onkelinx s'impose», pour l'aspect judiciaire.

Dans l'entourage de Rudy Demotte, on rappelle que le projet de loi vise avant tout à faire en sorte d'éviter que quiconque puisse se prétendre psychothérapeute, et toutes ses variantes. Trois catégories seront dorénavant habilitées à exercer en santé mentale: les professions médicales; les professions de psychologie clinique, de sexologie clinique et de pédagogie clinique; ainsi que les professions de psychothérapie. Pour obtenir leur reconnaissance, les praticiens devront répondre à des critères précis.

© La Dernière Heure 2006