Le père de Younès a été soumis au détecteur de mensonge afin d'éclairer les faits. Mais comment fonctionne ce fameux engin?

BRUXELLES Pinocchio était (presque) un humain comme les autres. Si ce n'est le nez, notre corps aussi se transforme quand nous mentons. Le cœur bat plus vite, nous transpirons plus fort, nous respirons plus vite,... C'est sur ces changements psychophysiologiques que s'appuie le détecteur de mensonge, plus savamment appelé le polygraphe.

Le but de l'appareil est donc de détecter un potentiel mensonge de votre part en prenant en compte plusieurs paramètres: la fréquence cardiaque, la transpiration, la fréquence respiratoire, la pression sanguine et même le diamètre pupillaire, c'est-à-dire l'ouverture de votre pupille.

Si la méthode se présente comme très scientifique, la détecteur de mensonge a toujours été vivement critiqué. Chaque individu est différent et rien ne nous prouve qu'un changement physiologique soit en relation directe avec une émotion sous-jacente, et encore moins avec un mensonge. D'autres expériences ont par ailleurs prouvé que certains individus pouvaient parfaitement se maitriser , alors que d'autres, pourtant tout à fait innocents, se montraient très stressés face à cette procédure.

C'est pour ces différentes raisons que l'examen polygraphique, bien que fiable lorsqu'il est réalisé de manière sérieuse, n'a aucune valeur de preuve. Il n'est nullement obligatoire non plus, puisque le polygraphiste a besoin du consentement total de l'accusé pour pouvoir réaliser l'expérience de manière efficace.

Assis sur une chaise qui ressemble à celle d'un dentiste, le suspect devra alors répondre à une série de questions très précises et répétées plusieurs fois concernant les faits. Le polygraphiste observera les questions le faisant le plus réagir et l'interpellant ou l'inquiétant le plus. Son job sera ensuite d'interpréter ces réactions afin d'aiguiller la justice.

Aider la justice, voici donc l'unique objectif du détecteur de mensonge, inventé en 1921 par un étudiant canadien en médecine. Mais bien avant lui, la technique existait déjà; certains écrits révèlent que durant le Moyen Âge déjà, les juges obligeaient les suspects à avaler de la farine pour calculer l'assèchement de leur bouche.

© La Dernière Heure 2012