Plus d'un Belge francophone sur deux estime que la crise sanitaire aura des répercussions négatives sur les droits humains. Dans le détail, les Belges craignent également que la crise égratigne leurs libertés individuelles: la liberté de circuler en tête (43%), mais aussi celle d'être correctement informé (37%). Aussi, près de 35% des répondants redoutent que les responsables politiques prennent des décisions à la fois exceptionnelles et non justifiées.

Malgré certaines réticences, les Belges adhèrent globalement aux mesures de lutte contre la pandémie. Selon l'enquête, 77% des répondants se plient à l'obligation de porter le masque.

"Ce que nous disons, c'est que dans certaines situations, et à condition que cela soit proportionnel, limité dans le temps et légal, on peut prendre des mesures qui sembleraient illégales dans d'autres circonstances, par rapport aux droits fondamentaux", explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d'Amnesty International. "Je pense évidemment au couvre-feu entre 1h et 6h, ou même à l'obligation de porter un masque".

"Je crois que ce que beaucoup de gens se disent, c'est que ces restrictions doivent rester temporaires. On les accepte, mais il ne faut pas qu'elles s'installent. Et nous restons attentifs à cela", assure-t-il.