La ministre de l’Enseignement souhaite combler les lacunes qui persistent dans les écoles à ce sujet.

La lettre ouverte adressée par Cécile Djunga à Caroline Désir, ministre de l’Éducation en Fédération Wallonie-Bruxelles, n’est pas restée sans réponse.

Dans une vidéo adressée à l’ex-Miss météo de la RTBF Cécile Djunga, la ministre socialiste a réaffirmé son projet de rendre obligatoires les cours sur l’histoire du Congo et de la colonisation dans tous les réseaux et toutes les filières. Pour rappel, aujourd’hui, seuls les élèves des filières techniques et professionnelles reçoivent systématiquement ce cours.

"Le combat contre le racisme et les discriminations reste insuffisant. Nos textes de loi et notre Constitution ne suffisent pas à repousser ces fléaux. Si nous ne luttons pas frontalement contre le racisme et les discriminations, ils continueront à prospérer insidieusement. J’ai une responsabilité dans la manière dont les élèves d’aujourd’hui construiront la société de demain. Ce n’est pas tellement que l’histoire du Congo ou de la colonisation se fait de façon maladroite sur base de références dépassées, c’est surtout que cette histoire est trop souvent ignorée. La plupart des élèves n’entendent pas parler de la colonisation belge au Congo ni des mécanismes d’exploitation et de domination. Nous ne pouvons plus tolérer cette lacune", déclare-t-elle dans la capsule diffusée sur les réseaux sociaux.


Selon Jean-François Mahieu, porte-parole de la ministre de l’Éducation, "les balises seront explicites et claires. Les différents réseaux devront, une fois que les référentiels seront adoptés, les traduire à nouveau dans leurs programmes. Pour le degré supérieur du secondaire, nous allons entamer un travail spécifique avec les chercheurs et chercheuses universitaires les plus au fait sur ce sujet pour poser des balises en vue du travail qui sera mené sur les référentiels", précise-t-il.

La prise de position de la ministre a été saluée par Kalvin Soiresse Njall, député Ecolo au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

"En prenant cette décision, la ministre s’engage sur la bonne voie. Il est essentiel d’expliquer aux élèves belges l’histoire coloniale du pays à partir des sources les plus fiables et récentes et loin de toute propagande coloniale. Il faut qu’ils apprennent que la colonisation est avant tout un projet d’exploitation économique qui a profité à la Belgique. Il faut aussi qu’on arrête de parler d’exactions plutôt que de massacres pour qualifier ce qui s’est passé au Congo à cette époque et qu’on parle de Lumumba et pas uniquement de Mobutu. Je souhaite par ailleurs qu’une attention particulière soit portée aux enseignants qui seront en charge de ces cours. Il faudra faire attention à ce qu’ils soient spécialement formés à la gestion de classe pour pouvoir réagir en cas de dérapages racistes et à veiller à la sensibilité des élèves d’origine congolaise, burundaise ou rwandaise", souligne-t-il.