Une étudiante voulait porter le voile pendant un mois pour analyser les réactions. Elle ne l’a gardé que 10 jours.

Les yeux bleus, cheveux blonds, type européen : Silke Raats, étudiante anversoise catholique de 21 ans, a le profil classique de la jeune flamande. Cette habitante de Wilrijk, en province d’Anvers, s’est investie dans la crise de l’accueil, en se rendant bénévolement au Parc Maximilien, en face de l’office des étrangers à Bruxelles, et donne des cours particuliers à des enfants Turcs d’une école primaire les vendredis soirs.

Choquée par les amalgames entre musulmans et extrémis tes dont souffrent beaucoup de musulmans, Silke a décidé de réaliser une expérience peu banale en portant le voile pendant un mois, pour analyser la réaction de son entourage.

“Outre le fait de porter le voile, j’ai décidé d’adopter le style de vie des musulmans, en ne buvant pas d’alcool, sans manger de viande. De plus, j’ai appris par cœur la sourate d’ouverture du Coran” , explique Silke à De Standaard.

Le premier soir de son expérience, le 29 septembre dernier, Silke a posté une photo d’elle sur Facebook, vêtue du voile, avant de désactiver son profil le lendemain matin. “Je voulais voir à quelle vitesse l’information allait être véhiculée ”, justifie Silke. “Et cela a été très vite. J’ai rapidement été submergée de questions, les gens étaient très surpris”.

Les commentaires offensants n’ont pas tardé : “Tu réalises que tu ne trouveras jamais de boulot ?” ; “Pour son anniversaire, on doit lui offrir un ticket d’avion vers la Syrie !” ; “Je préfère qu’elle ne vienne pas dans mon quartier, je n’ai pas envie qu’elle y dépose une bombe” ; “Elle s’apprête à rejoindre les rangs de l’État Islamique” , etc.

Autant d’aberrations qui ont mis un terme prématuré à l’expérience. “Initialement, je devais rester voilée pendant un mois, mais cela n’aura duré que dix jours” , explique Silke, qui affirme avoir perdu trois quarts de son cercle d’amis suite à cette expérience. “Je me suis très rapidement sentie exclue. Ce que je voulais démontrer a rapidement été prouvé ”, constate la jeune étudiante, “beaucoup de Belges lient automatiquement le port du voile à un acte extrémiste, y compris mes meilleurs amis.”

“Je sais désormais sur qui je peux vraiment compter : ma mère et ma meilleure amie”, ajoute Silke, écœurée par le fait que “ les gens vont uniquement prêter attention au voile, et pas à la personnalité qui se trouve en dessous”.

La vidéo, massivement partagée sur les réseaux sociaux, fait actuellement le buzz.