PARIS En tant que citoyen hollandais, le chanteur Dave est directement concerné par le problème. D'autant qu'il l'a vécu, chez lui, à Amsterdam. Aujourd'hui, il explique qu'il n'est pas spécialement favorable à l'idée de légiférer en matière d'euthanasie: `Le problème est tellement délicat. Chaque cas est un cas différent. Moi-même, j'ai sur la question des propos assez contradictoires. J'ai vécu l'euthanasie de ma mère, voici une dizaine d'années. Je n'étais pas le seul à affronter cette responsabilité. J'étais entouré de mes deux frères et de ma soeur et nous étions certains, à l'époque, d'avoir raison car notre mère demandait cette aide. Comme cela s'est su, on m'a demandé de participer à quelques débats sur la question. Un jour, dans un studio de radio, j'ai croisé un cancérologue, Lucien Israël. Puis j'ai lu son livre et j'en suis sorti bouleversé. J'ai repensé à ma mère. Je me suis alors demandé: `Mais qu'est-ce qu'on a fait?´ Fondamentalement, je n'ai pas changé d'avis sur l'euthanasie de ma mère. Mais le côté délicat des choses m'est apparu. A l'époque, ma soeur vivait en Italie, moi à Paris et un de mes frères en Suisse. On nous a appelés de toute urgence une première fois. Mais quarante-huit heures plus tard, notre mère se portait mieux. Puis, une deuxième fois, on nous a fait venir en nous expliquant que la fin était proche. Puis, une trosième fois. C'est alors que ma mère a demandé à en finir. Elle expliquait qu'elle souffrait, qu'elle en avait marre, que sa vie n'avait plus aucun intérêt. La question que je me pose et qui est une de celles que le professeur Israël évoque dans son livre est la suivante: dans quelle mesure, consciemment ou inconsciemment, ma mère n'a-t-elle pas songé à en finir parce qu'elle se sentait un poids pour ses enfants qui devaient venir de si loin? Dans quelle mesure n'a-t-elle pas eu une espèce de honte de nous déranger?`Moi, j'ai 56 ans et si on me dit que je vais mourir demain, j'imagine que je répondrais que je me suis bien marré, que j'ai eu une vie bien remplie et que j'ai peur de souffrir plus que de mourir. Mais ce sont des clichés. Je crois que lorsqu'on est dans le cas, on ne répond pas ça!`Législation ou pas, ilest clair que, dans nos pays, l'euthanasie se pratique dans tous les hôpitaux, entourée d'une espèce de non-dit. On fait la part de l'état dépressif de la personne, de la morphine qu'elle doit prendre. Ça devient le travail des professionnels et de la famille. C'est peut-être mieux ainsi.´