Les zones de police ne savent déjà plus quoi faire des sommes reçues via le fonds des amendes routières

BRUXELLES Nos confrères du Nieuwsblad relataient ce lundi matin le constat du ministre Dewael selon lequel certaines zones de police dépensaient très peu d'argent provenant chaque année du Fonds des amendes routières. Un constat duquel part une idée : permettre aux zones de police d'investir dans autre chose que la sécurité routière.

En effet, si cet apport non négligeable au budget des zones de police est une bouffée financière d'air frais, elle est contraignante. Les zones de police ont l'obligation d'investir cet argent dans des moyens permettant d'améliorer la sécurité routière sur leur territoire. Achat de radars préventifs ou répressifs, achat de véhicules, amélioration de telle ou telle infrastructure routière, placement de panneaux, achat de matériel permettant de contrôler l'alcoolémie au volant...

En dehors de cela, cet argent ne peut pas servir à, par exemple, investir dans la technoprévention, la lutte contre l'insécurité, les vols, le vandalisme ou toute autre délinquance.

Au bout d'à peine deux ans de fonctionnement, les zones de police ont déjà procédé à pas mal d'investissements qui ne sont pas encore dépassés et qu'il n'est plus nécessaire de faire.

Pourtant, la manne céleste de la rétrocession des amendes routières qui va encore arroser cette année les polices du pays est en constante augmentation. On évoque le chiffre de 100 millions d'euros pour cette année alors qu'en 2006, ce ne sont que 79,5 millions d'euros qui ont été versés aux zones de police selon une clé de répartition savante.

Le calcul est basé sur la taille de la zone, le nombre de kilomètres de routes et le nombre de tués et de blessés sur les routes. Si bien que les différences entre les zones de police sont parfois très importantes. Il suffit pour cela de voir notre infographie reprenant les montants maximum auxquels les zones peuvent prétendre pour cette année 2007. Des maxima qui donnent une idée de ce que peuvent percevoir réellement les zones de police.

Sur le terrain, l'idée de mettre cet argent excédentaire sur d'autres priorités semble ne laisser personne indifférent. Pour Touring, une piste à envisager sérieusement serait de miser sur la formation. Du côté des RYD, on y est farouchement opposé. Enfin, pour les zones de police et les communes, l'idée n'est pas sotte et mérite réflexion et discussion avec... le nouveau gouvernement.



© La Dernière Heure 2007