Société Voir la situation réelle à Bruges avant de faire une loi, dit la commission

BRUGES Mardi, les responsables du delphinarium de Bruges ont déroulé le tapis rouge (au sens propre comme au sens figuré) pour les députés qui visitaient les installations. Dîner et petit tour en calèche au programme. C'est que le dernier delphinarium du pays joue sans doute son avenir, puisque des voix (celle de Gaia suivie par des parlementaires) s'élèvent pour en demander la fermeture, avec la remise en liberté des pensionnaires qui y séjournent.

Le début de la visite était assez tendu, avec pas mal de questions embarrassantes pour les exploitants (chlore dans l'eau, mortalité des bébés, achat d'un animal sauvage en 1988), mais la magie du contact avec les dauphins a vite agi. Pas un parlementaire n'a quitté les lieux sans se faire prendre en photo près des dauphins, qui leur envoyaient des balles ou des jets d'eau...

Les sept députés présents mardi font partie de la commission de la Santé publique et de l'Environnement, qui a le Bien-être animal dans ses compétences. Cette commission, qui s'est saisie des questions actuellement en débat sur les animaux sauvages dans les cirques et des dauphins dans le delphinarium de Bruges, va traiter une série de propositions de loi en la matière. «Nous voulons voir concrètement comment sont traités les dauphins ici à Bruges, faire un état des lieux. Il faut savoir de quoi on parle. Les débats sont passionnels, parce que les questions de bien-être des animaux se heurtent ici aux intérêts économiques et touristiques», commente Yvan Mayeur (PS), président de la commission. Une commission déjà fortement divisée sur ces questions, reconnaît le président.

A Bruges, 9 dauphins (6 adultes et 3 jeunes) sont sous la garde de 7 entraîneurs. De ce que nous avons pu voir, les animaux ne sont certainement pas mal traités. Ils sont correctement nourris (du poisson importé d'Islande) et soignés (un vétérinaire sur place, check up de chaque animal tous les 2 mois,...). Le bref entraînement auquel nous avons assisté ressemblait plus à un jeu. Les dauphins ne semblent pas malheureux et plutôt contents de pouvoir jouer. Si vous vous tenez au bord du bassin secondaire, ils ne mettent pas deux minutes à vous expédier un ballon, et attendent que vous le relanciez.

Reste le mauvais côté: les dauphins sont détenus dans des bassins de béton dont la surface équivaut environ à deux terrains de tennis, et on se dit qu'ils seraient sûrement plus à leur place dans l'océan. «Les remettre dans la nature est impossible, ils ne survivraient pas, commente Johan Cottyn, responsable des entraîneurs. Ils ne savent ni pêcher, ni reconnaître un ennemi».

Gaia, qui demande à ce que les dauphins soient transférés dans une lagune, a déjà demandé audience à la commission pour répondre aux arguments du delphinarium.

© La Dernière Heure 2004