38% des médecins affirment avoir mis un terme aux souffrances du patient à sa demande

BRUXELLES Trente-huit pour-cent des médecins belges -en grande majorité des généralistes- affirment avoir déjà pratiqué une euthanasie active ou un suicide médicalement assisté sur demande du patient lui-même ou d'un membre de sa famille. Un quart des médecins belges et 42% des infirmières interrogés estiment d'ailleurs que l'euthanasie active est une pratique courant chez nous. Du côté des proches d'un patient mort d'un cancer, 15% pensent que le décès de leur parent a été accéléré. Enfin, 30% des personnes interrogées (médecins ou proches) disent avoir changé d'avis et se prononcer désormais en faveur de l'euthanasie après avoir connu l'expérience d'un malade atteint d'une maladie incurable.

Tels sont les principaux enseignements d'une vaste enquête publiée par le magazine Test Santé. En collaboration avec les associations de consommateurs de France, d'Espagne, d'Italie et du Portugal, les responsables de Test Santé ont sondé un total de 12.384 personnes. En Belgique, ce sont 277 médecins (73% de généralistes et 27% de spécialistes), 932 infirmières, 933 proches de patients décédés d'un cancer ainsi qu'un échantillon de 1.000 personnes représentatives de la population qui ont été interrogées sur les soins palliatifs et l'euthanasie.

L'euthanasie. D'après l'enquête, 20% seulement des médecins et 36% des infirmières disent n'y avoir jamais été confrontés. 62% des médecins affirment n'avoir jamais pratiqué l'euthanasie. 38% reconnaissent avoir mis un terme à la vie d'un patient à sa demande.

89% des médecins reconnaissent aussi avoir abandonné ou évité de commencer un traitement dans le but de ne pas prolonger inutilement la vie d'un patient.

Faut-il légiférer? Pour près d'un médecin sur trois, il faut modifier la loi pour leur permettre d'accéder aux demandes d'euthanasie active. Nombreux sont également les médecins (80%) qui estiment que l'Ordre devrait plaider en faveur d'une dépénalisation de l'euthanasie. Notons encore que dans le cas d'une législation, 31% des médecins affirment qu'ils resteront opposés à cette pratique.

Soins palliatifs. De manière générale, les proches sont très satisfaits de la qualité des soins prodigués par l'équipe des soins palliatifs. L'enquête monte aussi clairement que dans la majorité des cas, le malade aurait souhaité mourir chez lui.

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