Société MyEye lit et reconnaît jusqu’à 200 objets du quotidien et visages.

Le handicap visuel a différentes formes : glaucome, forte myopie, dégénérescence maculaire liée à l’âge, cécité de naissance… En Belgique, on considère qu’une personne sur mille est aveugle et qu’une personne sur cent est malvoyante.

Afin d’aider ces personnes à mieux percevoir leur environnement, Essilor a créé, en collaboration avec OrCam, des lunettes intelligentes. "C’est un outil qui améliore la qualité de vie des personnes malvoyantes, souffrant de dyslexie sévère ou même qui ne savent pas lire ou écrire" , précise Nico Swinnen d’Essilor à Anderlecht.

Cela se présente sous la forme d’une petite caméra munie d’un support auditif, à accrocher sur la branche droite des lunettes. Celle-ci est reliée par un câble à un boîtier qui fait office de télécommande. Lorsqu’on pointe le doigt sur un texte, l’appareil le photographie. Une voix le lit alors à l’utilisateur. Une personne est devant elle ? Hop ! L’appareil capte le visage préalablement enregistré et identifie l’interlocuteur. Autonomie ? 24 heures.

Harry, 63 ans, est malvoyant. Il est très actif dans le secteur de la basse vision. Il a testé, en avant-première, le modèle MyEye. Il a enregistré sur le modèle de test les visages des personnes présentes autour de la table et quelques produits du quotidien, comme une brique de lait, et fait lire à MyEye un texte sur sa tablette. Il est conquis. "Je pense que cela aiderait de nombreux malvoyants ", dit-il. "Cela les aiderait à lire des notices ou des manuels pour lesquels il faut souvent une loupe, car ils sont écrits en trop petits caractères. C’est compact. Esthétiquement, c’est parfait. C’est discret. Ce n’est pas encombrant, ça se clipse sur les lunettes. On glisse le boîtier dans la poche ou on l’accroche à la ceinture. C’est facile à manipuler."

Nous l’avons testé. Et, en effet, après avoir un peu manipulé ces lunettes intelligentes, on sent que l’outil peut devenir indispensable à ceux dont la vision est défaillante. Seul bémol : le prix de ces accessoires intelligents. Il faudra débourser 3.150 euros pour le modèle MyReader, qui ne constitue qu’une aide à la lecture. Pour le modèle MyEye, le plus complet (lecture, reconnaissance faciale, reconnaissance des produits du quotidien), 4.150 euros sont demandés.

Chez Essilor, on précise : "Pour l’instant, nous négocions pour que les malvoyants puissent bénéficier d’une aide financière ou d’une réduction via les centres de basse vision en Belgique. C’est en cours."