Avec les nouvelles émissions sans valeur faciale, il faut détruire les anciennes. Cinq tonnes ont été éliminées ce lundi

MALINES Des timbre par ballots entiers. Par palettes entières. Transportées sur un Clark, les feuilles arrivent à hauteur d'un camion blanc. À bord, une benne et un broyeur industriel. En quelques minutes, des émissions, recherchées pour certaines, vont finir en copeaux de papier. Tout y passe : de la tête du Roi Albert II aux sapins de Noël imprimés avec la mauvaise couleur en passant par les timbres émis par La Poste pour les 100 ans d'Hergé, ceux que se sont arrachés des milliers de philatélistes au début de l'année.

Pour près de 60 millions d'euros

Et pourtant, ces timbres sont en fin de vie. Depuis le 1er octobre, tous les timbres ne présentent plus aucune valeur faciale, ce qui signifie que les stocks anciens doivent être détruits. Hier, à l'imprimerie de La Poste située à Malines, ce sont 5 tonnes qui ont été mises hors circuit. "Cela représente 40 millions de timbres soit une valeur marchande comprise entre 20 et 60 millions d'euros", fait remarquer Emmanuel Foulon, porte-parole de La Poste.

"La Poste a décidé de ne plus produire que des timbres sans valeur faciale et de ne plus vendre de timbres avec valeur faciale. Cela facilite le stockage et la vente dans nos bureaux de poste. Cependant, les timbres que posséderaient nos concitoyens dans leurs tiroirs pourront encore être utilisés, rassure M. Foulon. Lorsqu'on sait que l'on produit 600 millions de timbres par an, il est impossible de passer d'un système à un autre du jour au lendemain. C'est comme lorsque nous sommes passés à l'euro en remplacement du franc belge."

La destruction des anciens timbres a, en réalité, démarré au début du mois. Outre les stocks produits mais non vendus, l'élimination visera également les planches retournées par les bureaux un peu partout dans le pays. À Malines, celles-ci seront broyées dans ce fameux camion blanc de la firme Shred-it, leader dans la destruction de documents confidentiels. Un travail effectué sur place, garantie de sécurité.

"Nous collectons et détruisons chez le client, explique Pierre Anselot, Managing director de Shred-it. Cela pour éviter les vols. Notre métier, c'est justement la destruction de documents ou des marchandises sensibles qui peuvent avoir une valeur sur le marché noir. Nous éliminons ainsi des bons de réductions, des uniformes de police, des cigarettes... Cela peut aussi être les documents confidentiels d'une société. En une minute, nous détruisons ce qu'un broyeur de bureau élimine en une heure."

À la demande de l'entreprise de La Poste, le reliquat sera incinéré par Sherd-it, toujours pour éviter la moindre utilisation frauduleuse. Demain, il sera peut-être recyclé.



© La Dernière Heure 2007