Société Un laboratoire a analysé l’urine de près de 30 personnes, toutes sont contaminées par l’herbicide.

Relativement peu connue du grand public jusqu’ici, l’association française "Générations futures" s’était offert un joli coup médiatique en février dernier en faisant analyser les cheveux de plusieurs écologistes français de renom comme José Bové ou Nicolas Hulot. Objectif : y déceler la présence de perturbateurs endocriniens afin d’alerter l’opinion publique sur l’omniprésence et la dangerosité de ces substances chimiques. A l’époque, toutes les mèches analysées en laboratoire avaient révélé des degrés divers de contamination. Ce qui avait permis à l’association écologiste d’interpeller la Commission européenne et les Etats membres, qui refusent encore et toujours de définir la notion de perturbateur endocrinien et donc d’en réglementer l’usage.

Douze fois la concentration maximale admissible pour un pesticide

Ce jeudi, "Générations futures" a remis le couvert en s’attaquant cette fois au glyphosate, la molécule chimique active du fameux "Round Up" de Monsanto, herbicide le plus commercialisé au monde et largement disponible à la vente en Belgique.

Pour mesurer la présence de cette molécule dans notre corps, le laboratoire mandaté pour l’opération a analysé les échantillons d’urine de trente personnes plus ou moins connues, dont les animateurs belges Alex Vizorek et Charline Vanhoenacker, l’ancien rapporteur spécial des Nations unies au droit à l’alimentation Olivier De Schutter, et la chanteuse Emily Loizeau. Des personnes "d’âge, de sexe et d’alimentation variable" et qui vivent en ville comme à la campa gne, précise l’étude, dont les résultats sont tout aussi interpellants. Selon les scientifiques, 100 % des échantillons analysés contenaient du glyphosate. Les cobbayes affichent même une contamination moyenne de 1,25 microgramme de glyphosate par litre de sang, soit " 12,5 fois la concentration maximale admissible pour un pesticide dans de l’eau". Il ne s’agit, certes, que d’un échantillon de trente personnes, mais pour "Générations futures", qui a comparé ces chiffres avec d’autres études européennes, " les résultats concordent". Selon l’association, il est donc fondamental que les autorités européennes " prennent conscience de l’urgence à agir et interdisent enfin cette molécule, considérée comme ‘probablement cancérogène’ par le Centre international de recherche sur le cancer".