Société Avec l’augmentation du nombre de personnes infectées par des maladies sexuellement transmissibles, le préservatif reste l’un de nos alliés les plus efficaces. Pourtant, 80 % des Belges admettent qu’un tabou plane toujours.

Il nous protège des infections sexuelles et il est l’un des moyens de contraception les plus faciles à utiliser. Le préservatif devrait devenir le meilleur ami des jeunes en pleine découverte, des célibataires qui multiplient les rencontres et des couples qui n’utilisent pas d’autres moyens de contraception. Pourtant, d’après une récente enquête I-Vox, commanditée par Durex et réalisée en août dernier sur un millier de Belges, pour 80 % de nos concitoyens, les tabous liés à l’utilisation d’un préservatif ont la peau dure.

Et le tabou commence à la source : l’achat d’une boîte de préservatifs. C’est en tout cas le cas pour un Belge sur deux. Rougir à la caisse d’un magasin, reporter le moment où il faudra aller se réapprovisionner ou se ruer sur les échantillons gratuits pendants les concerts ou les festivals sont des situations bien connues. En parler avec ses amis pour demander une capote ou aller à la pêche aux infos, n’est pas encore facile pour tout le monde non plus. Chez nous, 39 % des personnes interrogées n’osent pas parler du sujet. Et parmi les jeunes, ces tabous sont encore plus présents. Alors que c’est précisément à ce moment qu’ils se trouvent en pleine découverte de leur corps, de leurs congénères, de leur orientation sexuelle, de leurs envies. Près de 63 % des moins de 34 ans seulement mentionnent l’achat du préservatif et 1 sur 2 (50,3 %) mentionne le fait d’oser en parler à ses proches.

Les IST en hausse

Pourtant, les études le prouvent : les infections sexuellement transmissibles (IST) sont en augmentation en Belgique. Et 38,3 % des personnes interviewées en sont conscientes, contre 7,8 % des Belges qui pensent à tort que les cas de personnes infectées par des maladies sexuellement transmissibles sont en baisse.

"Nous sommes en 2019, et pourtant il reste beaucoup de travail à faire pour intégrer les préservatifs dans la vie quotidienne des Belges. Parallèlement aux tabous persistants, le pays connaît une explosion des IST : en 15 ans, le nombre de cas de chlamydia (l’IST la plus fréquente en Belgique) a été multiplié par sept, celui de syphilis par 20, et la gonorrhée par cinq. Et cette recrudescence des IST est particulièrement tangible chez les jeunes de 15 à 30 ans. Or, leur contamination est principalement liée à des relations sexuelles sans préservatif", explique Mathias Gaquière dans une campagne de pub pour Durex qui fête ses 90 ans cette année. À cette occasion, la marque de préservatif la plus connue du pays lance des boîtes de préservatif à l’effigie de monuments Belges. De quoi donner envie aux jeunes de s’y mettre pour de vrai ?