Prendre les transports en commun ou faire du covoiturage; travailler en open-space ou faire du télétravail; avoir des enfants scolarisés ou vivre seul... Ces différents comportements et modes de vie, anodins avant l' épidémie de covid-19, jouent aujourd'hui un rôle crucial dans la transmission du coronavirus.

C'est en tout cas ce que révèle une étude menée conjointement par l'Institut Pasteur et Santé Publique France, publiée le 8 décembre dernier.
Pour mener à bien leur recherche, ces scientifiques français ont analysé plus de 30.000 questionnaires complétés par des personnes infectées par le virus entre le 17 et le 30 octobre 2020, leur permettant ainsi d'identifier les facteurs sociodémographiques, les lieux fréquentés et les comportements associés à un risque de transmission accru du Covid-19.

Il en ressort plusieurs résultats.

Famille nombreuse et enfants scolarisés

Tout d'abord, environ 65% des contaminations se seraient déroulées hors du foyer, parmi lesquelles 33,1% dans le cercle familial élargi, 28,8% dans le milieu professionnel et 20,8% dans le milieu amical. Seules 35% des personnes infectées disent l'avoir été par une personne issue de leur propre foyer, et ce majoritairement après un contact rapproché avec un conjoint (64%).

L'étude pointe également du doigt les repas. Ils jouent un rôle central dans les contaminations, que ce soit "en milieu familial, amical, ou à moindre degré professionnel". Les chercheurs recommandent dès lors de faire preuve d'une très grande précaution lors des dîners et rassemblements des fêtes de fin d'année.

Par ailleurs, l'étude révèle logiquement que plus le foyer est large, plus le risque de contamination est accru. La présence dans le foyer d’enfants fréquentant une crèche, une école maternelle, ou un établissement scolaire en général, augmente également le risque d'infection. Ces résultats viennent donc corroborer l'avis de certains experts belges, favorables à la fermeture des écoles pour limiter la transmission du virus .

Métiers à risque et covoiturage

En outre, le télétravail est associé à une diminution de 30% du risque de transmission. Certaines professions (cadres administratifs, ouvriers, chauffeurs, personnel de la santé) augmentent drastiquement la possibilité d'une contamination, à l'inverse des métiers de la fonction publique ou des professions agricoles et scientifiques.

Enfin et contrairement à ce qu'il a pu ressortir de précédentes études, le fait de prendre les transports en commun n'est pas associé à un sur-risque, à la différence du covoiturage.

S'il est crucial de remettre en contexte l'étude, car elle a été menée en France, sur une période bien déterminée et sur un groupe cible restreint, ces résultats se révèlent néanmoins précieux pour comprendre l'évolution du coronavirus ainsi que les comportements à risque qu'il conviendra d'éviter à l'avenir pour limiter la propagation de l'épidémie.