Malgré le basculement vers l’enseignement à distance intervenu à la fin du mois d’octobre et les conditions d’organisation de la session de janvier, les résultats obtenus par les étudiants des universités francophones du pays ne sont pas la catastrophe à laquelle on aurait pu s’attendre. Selon le Conseil des recteurs francophones (Cref), le taux de participation effective aux examens est similaire à celui des sessions de janvier des dernières années et le taux de réussite des examens présentés est clairement supérieur.

Dans le détail, bac et master confondus, le taux d’examens présentés s’élève à 92 %, selon des données provisoires arrêtées au 12 février. Les trois années précédentes, ce taux était de 91 %. Le pourcentage d’examens réussis atteint, lui, 70 %, contre 67 % lors des trois dernières sessions de janvier.

Dans les hautes écoles aussi, le taux de réussite est légèrement supérieur à celui des années précédentes (il est passé de 54 % à 59 %), et la participation effective est très stable (autour de 85 %), selon les données du cabinet de la ministre Valérie Glatigny (MR) évoquées dimanche par nos confrères du Soir.

À la lecture de ces résultats, certains n’ont pas hésité à crier à la tricherie de masse, qui aurait été rendue possible par les examens à distance.

Pierre Wolper, recteur de l’université de Liège, avance d’autres pistes d’explications : "Les étudiants ont eu plus de temps pour étudier. Ils ont eu moins de distractions. On a beaucoup parlé de la démotivation et des difficultés rencontrées par les étudiants mais certains se sont mieux consacrés à leurs examens. Globalement, les enseignants ont aussi essayé de ne pas être plus exigeants que nécessaire. Le message général qui leur a été adressé allait dans ce sens."

Selon lui, les examens ont été conçus de manière à limiter la triche. "Les enseignants partent du principe que l’accès au cours est tout à fait possible pendant un examen à distance et qu’il faut donc formuler les questions en conséquence. Dans le cas d’un QCM, les enseignants ont par exemple changé l’ordre des questions pour chaque étudiant pour éviter les échanges de réponses."

Certains enseignants, comme François Gemenne, ont toutefois reconnu avoir été plus cléments avec leurs étudiants. "J’ai fait réussir tous mes étudiants, et je pense que beaucoup de collègues ont fait pareil. Je crois que les étudiants ont déjà assez souffert comme ça.", indique-t-il sur Twitter lundi. Et de préciser : " La valeur d’un diplôme ne se juge pas sur une ou deux sessions d’examens, heureusement… Ce qui compte avant tout, c’est la qualité de la formation et des enseignants. Les examens, c’est juste une forme de validation des acquis."