Les gènes du virus de la grippe porcine pourraient avoir circulé depuis une dizaine d'années au moins sans avoir été détectés, selon des chercheurs qui ont analysé le génome de plus de 50 échantillons du nouveau virus A(H1N1)


PARIS Leurs travaux ont été diffusés vendredi par la revue américaine Science. L'équipe conduite par Rebecca Garten des Centres de contrôle des maladies (CDC, Etats-Unis) a séquencé le génome de virus provenant du Mexique et des Etats-Unis.

Leurs résultats suggèrent qu'à l'avenir les populations de porcs devraient être surveillées de près afin de détecter des virus influenzae (grippaux) émergents.

Les chercheurs ont déterminé l'origine des huit segments génétiques du virus, montrant qu'ils formaient une combinaison jamais rapportée à ce jour parmi les virus porcins et humains.

Six des huit segments de virus proviennent de virus porcins réassortis, avec un mélange de matériel génétique humain, aviaire et porcin. Résultat de la tendance des virus grippaux à échanger entre eux des morceaux de leurs génomes, ils ont circulé en Amérique du Nord et en Asie depuis approximativement 1998.

Les deux autres segments dérivent de virus de porc d'Europe et d'Asie, avec des éléments d'origine aviaire également.

L'analyse des segments génétiques n'a pas révélé les marqueurs de virulence et de haute transmissibilité, selon les auteurs qui n'ont pas trouvé de cause génétique à la capacité du nouveau virus à se multiplier et à se répandre aisément parmi les humains.

Les chercheurs ont concentré leur attention sur une protéine importante du virus, l'hémaglutinine (le H de H1N1), qui est responsable de sa capacité à s'accrocher et infecter la cellule cible respiratoire. Il faut continuer de rechercher les changements de cette protéine du virus, en vue de sélectionner un futur vaccin, selon les auteurs.

© La Dernière Heure 2009