Le secrétaire général, accusé de détournement, poussé vers la sortie, a pris un avocat. Le président aussi...

BRUXELLES Les rumeurs de dissension au sein de l'UPTR, puissant syndicat des transporteurs routiers, couraient depuis des semaines. Mais c'est plus grave que prévu.

Le combat des chefs oppose le secrétaire général Marcel Delsemme et le président de l'Union professionnelle du transport par route, Serge Adriaens (que notre journal a élu deuxième personnalité de l'année 2000). Deux figures bien connues depuis le blocus de la rue de la Loi en septembre dernier.

L'affaire n'est pas au tribunal mais Marcel Delsemme, le personnel de son secrétariat ainsi que Serge Adriaens ont pris chacun un avocat Une ambiance qui a mis provisoirement entre parenthèses la lutte du syndicat.

Depuis la fin des actions de l'automne, le torchon brûle entre Adriaens et Delsemme. Le secrétariat est accusé de dépenses exorbitantes. Pire, Marcel Delsemme, qui va quitter son poste, a été accusé publiquement de détournement de fonds par son président. M. Delsemme n'a pas souhaité répondre à nos questions. Mais il conteste tout détournement. Il a pris un avocat pour défendre ses intérêts.

`C'est vrai qu'on s'est rentré dedans, commente Serge Adriaens, franc et direct comme d'habitude. Marcel n'a pas accepté notre proposition. On voulait qu'il reste secrétaire en 2001, puis qu'il devienne consultant en 2002. On a voulu mettre un autre directeur en écolage. Je comprends que c'est dur pour Marcel. Pour lui, l'UPTR, c'est son enfant. Il a pété les plombs. Dommage, je l'avais toujours mis sur un plateau. Je regrette surtout que d'autres fédérations fassent mousser cette affaire´.

Sans entrer dans tous les détails, on sait notamment qu'un achat, lors du blocus, de 10.000 t-shirts au sigle de l'UPTR, pour une somme de 750.000 francs hors TVA, est reproché au secrétariat, qui rejette la faute sur un proche d'Adriaens. L'homme commente: `Ce qui est sûr, c'est qu'avec 2.000 t-shirt, on aurait eu assez! On distribuera les autres au Salon´.

Met-on Delsemme à l'écart, parce qu'il gêne les intérêts de quelques grosses firmes de transport qui souhaiteraient mettre la main sur le syndicat? `C'est faux, se défend Adriaens. Nous nous battons pour tous les routiers, même les petits. Je suis droit dans mes bottes. Ce que je constate, c'est que l'affiliation de nombreux transporteurs flamands, au moins 300 depuis septembre, gênent des gens.´

Le président souhaite régler l'affaire à l'amiable. `On reprendra nos actions après. De nouveaux blocages? C'est possible´.