Société Nouveaux indices pour une meilleure prise en charge de la maladie

BRUXELLES Il s'agit indéniablement d'une étude d'envergure - baptisée Ascot -, conduite avec sérieux, et présentée à l'occasion du congrès annuel de la Société européenne de cardiologie. Des résultats a priori spectaculaires... encore qu'il est difficile, même pour les spécialistes, de les interpréter définitivement. C'est qu'en matière d'hypertension (parmi bien d'autres pathologies...), aucun traitement ne s'impose, pour tous, sans discussion.

L'étude Ascot a porté sur 19.000 patients hypertendus. Elle visait à comparer l'efficacité de deux stratégies différentes de traitement: d'une part une association entre un bêta-bloquant et un diurétique, de l'autre une combinaison entre un antagoniste du calcium (amlodipine) et un IECA (perindopril). La tradition face à la modernité, affirment les auteurs de ce travail, et ceux qui l'ont financé. Le résultat? L'administration de perindopril et d'amlodipine apparaît supérieure au bêta-bloquant et au diurétique. Concrètement, après un peu plus de cinq ans de traitement: 11% de décès en moins toutes causes confondues, moins 24% de décès d'origine cardiovasculaire et un quart d'attaques cérébrales en moins.À partir de là, qu'en conclure? Le Pr Bjrn Dahlf, l'un des coordinateurs de cette étude, affirme que «les médicaments plus anciens n'offrent pas autant de protection que les modernes». Il a cependant recommandé à ses confrères de bien évaluer le profil du patient avant de changer de traitement. Un conseil évident, puisque cette étude n'a finalement comparé que deux combinaisons, alors que l'approche de l'hypertension repose sur un choix particulièrement diversifié.

Le Centre belge d'information pharmaco-thérapeutique considère, mais c'était avant la publication de l'étude Ascot, que les IECA sont surtout indiqués lorsque les bêta-bloquants et les diurétiques ne sont pas conseillés, ou en cas de pathologies associées (insuffisance cardiaque, diabète, infarctus...). Il note également qu'à sa connaissance, aucune étude n'a comparé les IECA entre eux en ce qui concerne leur effet sur la survie. Ceci étant, il serait effectivement regrettable de ne pas continuer à explorer de nouvelles pistes thérapeutiques.

© La Dernière Heure 2005