L’engagement volontaire militaire (EVMI) n’a pas convaincu les jeunes. Moins d’une place sur deux a trouvé preneur en quatre ans.

La Défense fait feu de tout bois pour recruter : 700 postes sont à pourvoir cette année. Ce week-end, d’ailleurs, le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), était à Saint-Trond, sur le campus Saffraanberg, où sont formés les candidats sous-officiers.

Une grand-messe annuelle qui paraît bien nécessaire à la grande machine verte pour approvisionner ses unités, en particulier celles dites combattantes, comme les bataillons paras-commandos. Qui souffrent d’un haut degré d’attrition, c’est-à-dire de nombreux départs volontaires de candidats, soit au cours de la formation, soit après quelques années passés en unité.

Ceux-là sont, pour la plupart, des militaires de carrière. À distinguer donc, des candidats engagés sous le statut EVMI, pour engagement volontaire militaire. Et d’ailleurs, en pleine période de recrutement, qu’en est-il ?

"Le recrutement dans le cadre de l’EVMI attire peu de candidats : sur les 840 places disponibles pour la période 2010-2014, 348 seulement ont été pourvues", reconnaissait le ministre Vandeput en commission de la Défense nationale, mardi dernier. 21 d’entre eux sont encore aujourd’hui sous l’uniforme et ce statut (tableau ci-contre).

Interrogé par le député socialiste Sébastian Pirlot, le ministre indique encore que, pourtant, le statut a été modifié en 2014 pour le rendre plus attrayant. Ainsi la période de solde - au cours de laquelle l’engagé maintient ses droits sociaux - a été réduite à deux mois. Et la solde augmentée. "Cette mesure n’a cependant pas eu le succès escompté."

Et de préciser encore que 201 candidats sont partis avant même l’échéance de leur engagement. Motifs invoqués, selon le ministre : "perspective d’une carrière moins favorable, par comparaison avec d’autres statuts" et "le manque d’information préalable à ce sujet" et "le revenu".

Le statut EVMI, censé aussi permettre l’insertion de jeunes dans le monde du travail, a fait long feu et le rendre plus attrayant n’est pas à l’ordre du jour, selon M. Vandeput. Il reste donc, pour la Défense, à prendre acte des doléances des jeunes qui lui ont tourné le dos pour mieux convaincre les futurs candidats. Prochaine occasion ? Dimanche 22 mars, lors de l’opération séduction qu’organise l’École royale militaire, à Bruxelles.

© D.R.