Qui n’a pas déjà été stressé d’avoir la charge de son GSM à plat ? Dans les transports en commun, dans la rue ou sur la route, la dernière chose dont l’homme ou la femme du XXIe siècle aurait envie serait de manquer de batterie. Ce phénomène, pas encore suffisamment étudié scientifiquement pour l’appréhender de manière médicale, porte le nom du syndrome de la batterie faible. Selon un sondage français réalisé par Opinion Way en 2021, 34 % des personnes interrogées confient connaître un état de stress à l’idée de se retrouver sans batterie. Pour Thomas, 24 ans, il est impossible de quitter son appartement avec une batterie dans le rouge. " Je mets mon GSM à charger pendant la nuit, mais si j’oublie et que le matin je suis à plat, je peux stresser toute la journée ", confie le jeune homme. Même chose pour Marine, 28 ans. " Être à 20 % ? C’est juste impensable. Je préfère arriver en retard au travail que de passer la journée avec une batterie à moitié chargée. "

Ce phénomène s’explique notamment par un autre syndrome : le Fomo (Fear of missing out), cette peur de louper quelque chose. "Le Fomo relève de la crainte de passer à côté d’une interaction ou d’une dernière tendance, et peut ainsi engendrer de l’anxiété, voire du stress", précise Pascal Minotte, psychologue et chercheur au Centre de référence en santé mentale (Crésam). Couplés, ces phénomènes sont inquiétants dans le sens où ils exacerbent une fois de plus notre dépendance aux smartphones. " L’être humain est toujours dépendant des outils qu’il construit. Et les smartphones ont pris une place considérable dans notre société, place que le confinement a mise en exergue de manière spectaculaire. "

La peur d’un GSM à plat est surtout partagée par les adolescents. " Les plus jeunes se construisent grâce à la sociabilisation, ce qui explique cette appétence pour l’échange soutenu de messages et d’interrelations. Ce sont donc eux qui sont les plus exposés à ce genre de syndrome, puisque les réseaux sociaux et autres plateformes de communication instantanée font partie des plus gourmandes en matière de batterie ", souligne Pascal Minotte. L’inquiétude de se voir démuni de son téléphone portable est aussi liée à notre société ultraconnectée, qui exige de plus en plus de suivre sa cadence et donc de ne rien rater.