Des adeptes du base jump pratiquent leurs sauts clandestinsà Anderlecht

ANDERLECHT Ça commence par une voisine qui n'en revient toujours pas: `Dimanche après midi, nous regardions la télé quand nous avons vu quelque chose passer devant le balcon. Puis deux autres. C'étaient des gens´. Qu'il soit précisé que la voisine habite au... 26e étage et que ça lui a fait un choc, ces hommes volants! Elle s'est adressée à la concierge qui confirme: `Des gens s'introduisent dans le building, peut-être par les escaliers de secours. Ils grimpent au 27e et de là, sur les toits, à cent mètres du sol, plongent dans le vide. Après une seconde ou deux, ils actionnent l'ouverture d'une toile de parachute. Il y a un GB au pied de l'immeuble: ils se posent sur le toit du supermarché où se trouve un comparse pour filmer le saut. Après, ça va très vite. On les voit plier leur matériel et détaler comme des lapins pour ne pas être pris... ´Ça surprend! Et ça se passe à Anderlecht, au 27 avenue Marius Renard, parmi les plus hauts buildings de la ville. Deux fois, dimanche, vers midi puis 19 h, des fêlés en ont fait leur tremplins puis se sont éclipsés aussi discrètement qu'ils étaient arrivés. Seule certitude: s'ils n'habitent l'immeuble, ils doivent disposer d'un complice, au 27e, qui leur permet d'accéder aux toits. Ils sautent ont bien repéré les lieux, utilisant notamment l'entrée dérobée de l'Aldi au parking zéro (pour ceux qui connaissent).

Débuts en Belgique depuis un lieu habité en tout cas d'un sport de l'extrême pratiqué aux quatre coins de la planète, le base jump, popularisé par un film ( Drop Zone) avec Wesley Snipes où la technique sert à commettre un hold-up.

Au nouvel an, quinze amateurs ont fêté le millénaire en sautant du gratte-ciel le plus élevé du monde, plus de 520 m, en Malaisie. Un exploit paradoxalement moins risqué, le vrai danger consistant évidemment à choisir un bâtiment qui interdit toute seconde chance.

Avec sept sauts base jump, Alain Dony a touché à la discipline... mais y a vite renoncé. `Le problème, c'est que comme vous ne maîtrisez pas absolument tout à 100% et vous mettez votre vie en jeu´. Il n'existe, au monde, qu'un seul endroit où le base jump est autorisé et même organisédu haut d'un pont de 295 m : c'est aux USA, à Lafayetteville, en Virginie, le 1er amedi de novembre.

En Belgique, la discipline réunit moins de trente adeptes. `Le jeu, c'est l'adrénaline... Je n'ai pas encore connaissance d'accident mortel en Belgique mais on parle d'un cas en France, dans le Verdon. Il faut être très fort, savoir estimer la force et la direction des vents, éviter que la toile ne se retourne car iln'y aucune sécurité. Si la toile ne s'ouvre pas, c'est fini. C'est une discipline pour rebelles. Le charme, c'est que c'est caché. Comme en montagne, le jeu consiste à trouver de nouveaux sites et à les tester (photos à l'appui). Pour ça, au Marius Renard, le toit du GB offre de belles possibilités...´