Ils ont risqué leur vie pour sauver deux Hollandais


ROCHEFORTOuf! C’est le soulagement à Rochefort. Edouard Ory et Michel Elias, tous deux pompiers, sont tirés d’affaire. Leur courage leur a pourtant fait courir de gros risques, durant la nuit de vendredi à samedi. En cause, les pluies torrentielles qui se sont abattues sur la région et les inondations qu’elles ont entraînées. De quoi mettre toute l’équipe du commandant Bodart sur la brèche. Et pour Edouard Ory et Michel Alias, le mot est faible. Appelés à la rescousse d’un couple de Hollandais coincé sur une petite île, les pompiers ont failli être emportés dans les eaux de la Lesse, complètement déchaînées. “Ils ont pris un bateau pour se rendre sur l’île et sauver les deux malheureux. Mais, le courant était trop fort et l’embarcation a basculé au point de les faire glisser”, raconte Philippe Legrand, un de leurs collègues. Tombé à l’eau, Edouard n’a pu que compter sur la présence d’esprit et la force de son camarade Michel pour s’en sortir. “Il a réussi à s’accrocher à une branche et à agripper Edouard afin qu’il ne se noie pas”, poursuit Philippe Legrand. Une posture bien fâcheuse dans laquelle nos deux pompiers n’auraient pas pu tenir bien longtemps.
C’est un fermier du coin, M. Bouche, qui est venu à leur secours au volant de son tracteur. On s’en doute, la manœuvre a été minutieuse. Elle a permis d’éviter le pire.
Emmenés d’urgence à la clinique Princesse Paola de Aye, les deux hommes sont aujourd’hui hors de danger. Si Michel a pu rapidement sortir de l’hôpital, Edouard a été maintenu aux soins intensifs jusque samedi matin. “Par sécurité”, souligne Janine, son épouse visiblement soulagée de retrouver son mari sain et sauf. Une joie partagée par Edouard qui préfère rester discret sur cette aventure.
Pour sauver ces deux Hollandais dans la détresse, il était prêt à braver les éléments. “C’est vrai, mais je n’étais pas seul. Nous étions nombreux sur le terrain à agir et tous mes camarades auraient fait la même chose que moi”, assure-t-il, en ajoutant qu’il préférerait ne pas être pris en photo. “Je n’aime pas la publicité et puis, tous mes collègues mériteraient d’être aussi photographiés, car tous étaient sur le terrain, chacun à faire du mieux qu’il peut son boulot”. Et ce ne sont pas les campeurs, les habitants de la région et nos deux Hollandais, finalement secourus par des collègues d’Edouard et de Michel, qui diront le contraire.