"Nous sommes désormais indépendants", a déclaré Geert Van Poelvoorde, le CEO d'ArcelorMittal Europe. Ces dernières semaines, les gouvernements et les entreprises du Vieux Continent tentent de réduire leur dépendance à l'égard du gaz naturel, du pétrole, du charbon, des métaux et d'autres matières premières en provenance de Russie, alimentant une envolée des prix.

De son côté, ArcelorMittal cherchait également la parade. "Nous sommes maintenant indépendants", se réjouit le Belge Van Poelvoorde." Nous devrons acheter un peu plus de produits "non russes" au 3e trimestre. Mais cela ne constitue pas un gros problème."

Par le passé, le groupe a déjà indiqué qu'environ un cinquième du charbon utilisé dans ses centrales européennes provenait de Russie. Selon le rapport annuel, il s'est également fourni en minerai de fer auprès de Metalloinvest, la société d'Alisher Usmanov, l'un des oligarques russes actuellement en difficulté.

D'après M. Van Poelvoorde, la guerre en Ukraine modifie le commerce mondial des matières premières. À l'avenir, la Russie ne visera plus l'Europe pour ses exportations de charbon, mais bien la Chine. Cette dernière achètera de ce fait moins de charbon à l'Australie. "Les Russes ont toujours été très opportunistes", pointe Van Poelvoorde. "Un nouvel équilibre mondial va voir le jour." Actuellement, la moitié du charbon utilisé dans l'industrie sidérurgique européenne provient de la Russie.

Arcelor possède ses propres mines de minerai de fer et de charbon d'acier, ce qui facilite sa recherche d'autres fournisseurs. D'autres entreprises sidérurgiques n'ont pas cet avantage.