Une semaine après le Télévie qui s’est clôturé sur une heureuse surprise avec plus de 10 millions d’euros de gains, KickCancer fait également appelle à la générosité des Belges. L’objectif est ambitieux : récolter 3 millions d’euros pour développer des traitements innovants pour les cancers chez les enfants. L’association belge n’est pas seul pour relever le défi. Elle est associée à la Kriibskrank Kanner Fondatioun (Luxembourg) et à Imagine for Margo (France). "On a fixé l’objectif avant le coronavirus, souligne Delphine Heenen. Il était raisonnablement ambitieux à ce moment-là. Après avoir récolté 330 000 euros puis 630 000 euros ces deux dernières années, nous visions le million d’euros du côté belge. Mais avec le Covid, en mai-juin, on a eu vraiment peur de ne pas y arriver. Nous avons revu la barre à 400 000 euros. Nous les avons dépassés et nous allons franchir celle des 500 000 euros (495 970 euros à l’heure d’écrire ces lignes). Heureusement, nos trois organisations ont des fonds propres au cas où on n’atteindrait pas notre objectif. Car il faut savoir qu’une fois les projets sélectionnés, nous sommes engagés vis-à-vis des chercheurs. Nous sommes actuellement en train de rédiger les contrats avec eux et l’argent sera libéré juste après la ‘course’."

KickCancer et ses partenaires ont reçu 24 projets sollicitant un financement. La moitié a retenu leur attention et six ont été sélectionnés pour bénéficier de leur aide. "Sans le Covid, nous aurions dépassé les 3 millions d’euros et nous aurions pu en ajouter d’autres", regrette la fondatrice de l’association belge.

Ces projets, explique-t-elle s’adressent à des maladies pour lesquelles les traitements n’ont pas changé depuis trente ans. Il s’agit toujours d’un cocktail de chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie et parfois de greffe. Des traitements très lourds, avec un impact psychique. Sans oublier des effets secondaires à long terme : "Il y a des chimiothérapies qui peuvent rendre sourd. La radiothérapie peut entraîner des retards de croissance. Il y a aussi des retards d’apprentissage. On se retrouve avec une population qui survit mais qui va avoir des maladies chroniques ou ne va pas avoir une vie en pleine santé. C’est un énorme problème."

Les projets concernent tous des maladies pour lesquelles les chances de survie sont insatisfaisantes, "50 % ou plus de chances de rechute ou, dans certains cas, 0 % de chances de survie." Delphine Heenen espère que les pistes identifiées par les chercheurs pourront sensiblement aider ces patients. "Il s’agit par exemple d’un médicament qui augmente la sensibilité à la radiothérapie, dit-elle. Sans augmenter les doses d’irradiation, l’effet sera amélioré. Il y a aussi une découverte clé dans le domaine des leucémies. Il s’agit de remodeler les globules blancs en laboratoire et de les réinjecter dans le sang pour être directement au bon endroit. Ça marche très bien avec les tumeurs solides, celles au cœur desquelles il n’y a pas beaucoup de sang qui passe. On renforce donc le système immunitaire pour attaquer le cancer là où il est faible." L’objectif de tous ces projets est de guérir plus et surtout mieux, sans effets toxiques.

"Le cancer n’est pas une maladie dont on guérit du jour au lendemain, rappelle la fondatrice de KickCancer. Quand vous avez fini les traitements, il y a cette dimension du temps qui passe qui est votre allié mais aussi source d’angoisse avec des contrôles. Chez les adultes, ceux-ci s’espacent assez vite mais chez les enfants, comme ils se développent vite, en explosant, cela impose des contrôles tous les trois mois pour la plupart d’entre eux. Quatre fois par an, vous avez une vraie bombe dans le ventre…"

Pour aider à lutter contre le cancer des enfants, vos dons peuvent être faits via le site https://team.kickcancer.org. Les activités de KickCancer et les enjeux de la recherche sont expliqués sur le site www.kickcancer.org