Afrique ne se trompe pas de retraite au Monde Sauvage

AYWAILLE Ses oreilles s'agitent, il souffle rapidement. Afrique ne va pas charger. Il est content de sentir l'odeur de son ancien maître: Alexandre Bouglione. `Il a changé! C'est devenu un beau mâle´ s'étonne l'homme de cirque. Voici deux ans maintenant que son éléphant a quitté la piste ronde, ses ballons et son numéro d'équilibriste pour rejoindre le parc animalier le Monde Sauvage à Aywaille.

Tout ça à cause d'une éléphante qu'il ne pouvait plus piffer! Afrique a grandi chez Bouglione avec Baby. Tout allait bien jusqu'à ce que la femelle commence à le taper, parfois très fort. Il n'a pas bronché jusqu'au jour où. `Il s'est rebellé, il voulait la tuer. En deux secondes, il est devenu imprévisible. Baby était traumatisée´ raconte Alexandre Bouglione. Il n'était plus possible de les garder. `Je ne voulais pas le vendre, ni le donner à un cirque. Ici, il est bien.´

Afrique partage son enclos avec Kenya dans l'espoir de faire un petit africain. Jeune et fougueux, le pachyderme est déjà parvenu à la dominer mais pas encore à la féconder. La femelle de dix ans son aînée ne se laisse pas faire. `Quand elle ne veut pas, elle va dans l'eau. Elle sait qu' Afrique n'aime pas l'eau´ explique Joseph Renson, directeur du Monde Sauvage.

Le parc safari perdu dans la campagne ardennaise participe aux programmes européens de conservation des espèces en voie de disparition. Il veut devenir un centre d'élevage des éléphants d'Afrique. Le futur étalon Afrique va avoir de quoi satisfaire ses envies! Une éléphante du zoo de Varsovie est attendue en 2003 à Aywaille. Joseph Renson estime avoir une chance de voir une naissance d'ici deux ou trois ans.

Ébats suivis de près

En attendant, le cycle de reproduction de Kenya est étudié en collaboration avec le zoo de Zurich qui analyse chaque mois ses urines. Et Afrique qui n'a qu'une quinzaine d'années affirme sa puissance sur son territoire. Une autruche qui passait trop près en a d'ailleurs fait les frais... Il a fallu dresser un mur de béton entre l'enclos et la route où défilent les visiteurs car l'éléphant, habitué à piquer dans le sac du public au cirque, promenait sa trompe dans les autos! Il lime ses défenses encore petites contre les murs et poutres en métal obligeant le soudeur du parc à venir tous les jours faire des réparations. `Il est devenu libre ici´ constate Bouglione, qui ne reverra plus son éléphant au cirque. Mais il aura droit au deuxième jeune d'Afrique pour son futur parc du cirque à Braine-le-Comte.