Il y a des évidences. S’hydrater fait partie de ces mantras qui reviennent dès que la barre des 30 degrés est franchie. 

"Cela l’est d’autant plus pour certaines catégories de personnes, dont les tempes grises", explique le néphrologue (spécialiste des reins) Nicolas Ceceres. Une hormone régule la réabsorption de l’eau par l’organisme - l’hormone antidiurétique (ADH). "Et cette hormone, qui caractérise ce qu’on appelle communément la sensation de soif, est plus basse chez les vieilles personnes. Elles ressentent donc plus tard que les personnes plus jeunes, qu’elles doivent boire."

Une nuance malgré tout : pour les personnes qui ont des antécédents médicaux tels que des problèmes cardio-vasculaires, de tension, d’insuffisance rénale, et qui prennent des médicaments en conséquence, l’absorption d’eau recommandée - 1, 5 à 2 litres par jour en moyenne - est un peu différente. "Certains médicaments accélèrent l’élimination de l’eau et favorisent ainsi la déshydratation. Il faut être conscient de ce risque", poursuit le spécialiste. Les symptômes ? Classiques : sensation de soif, vertiges, crampes musculaires, maux de tête. "Il faut donc contraindre les vieilles personnes à boire régulièrement, pour limiter les risques de déshydratation. Sachant que notre corps est composé de 60 % d’eau, on peut aussi vérifier par la pesée que les risques sont contenus."

L’alcool ne désaltère pas…

Un poncif, toujours bon à rappeler tout de même : l’alcool maltraite nos organes, et augmente le risque de déshydratation. "Ce que l’on conseille généralement, c’est donc de boire de l’eau en parallèle ", rappelle Nicolas Ceceres.

Pour les plus jeunes, bébés et enfants en bas âge, le conseil est évidemment de boire régulièrement, " même si chez eux la sensation de soif sera plus facilement présente que chez les seniors. Mais il faut être attentif, d’autant que les risques d’intoxication alimentaire sont plus élevés chez eux."

Dans ce cas, rappelle le néphrologue, il existe ce qu’on appelle les solutés de réhydratation orale (ORS, pour "oral rehydration solution"), composés d’ions sodium, de potassium, chlorure et de sucre, qui permettent de prévenir les déshydratations sévères. Cette solution est donc particulièrement efficace contre la principale cause de décès par déshydratation : la diarrhée aiguë.

L’autre gros enjeu en cas de forte chaleur, ce sont ce qu’on appelle les "coups de chaud". Le cerveau, où se matérialise cette impression, est un organe très sensible en cas de forte hausse des températures. "La hausse de la température peut provoquer des dysfonctionnements multi-organes mais le cerveau est sans doute le plus touché, ce qui peut provoquer des crises d’épilepsie, par exemple, ou des comas, etc. Réguler la température, en buvant, par l’aération, ou par des douches relativement fraîches peut aider. Comme cela peut aider avant d’aller dormir… "La température idéale d’une douche est alors de 30 degrés", conclut Nicolas Ceceres.