Le Collectif contre l’islamophobie en Belgique a ouvert 108 dossiers l’année passée.

En 2019, le Collectif contre l’islamophobie en Belgique (CCIB) a ouvert 108 dossiers pour des cas de discrimination, de harcèlement ou de violence envers des personnes musulmanes en raison de leur appartenance (réelle ou supposée) à la religion islamique. Dans 90 % des cas, les actes rapportés concernaient des femmes.

"Les femmes sont les premières victimes d’islamophobie parce qu’elles sont plus facilement identifiables via le port du voile. Il y a beaucoup de stéréotypes et de préjugés qui entourent les femmes qui portent le voile pour le moment. On constate aussi que les hommes parlent plus volontiers de racisme alors que les femmes vont davantage se plaindre d’être victimes de discriminations. Elles viennent aussi plus facilement chez nous pour parler de ce qu’elles ont vécu", note Mustapha Chairi, président du CCIB.

Dans une grande partie des cas (44 %), les actes dénoncés ont été commis par des institutions ou organismes publics.

"Ce constat est très interpellant car l’État est censé être le garant de la Constitution et de l’égalité réelle entre les citoyens. Constater que celui-ci est à l’origine d’actes de rejet ou discriminatoires est inacceptable", estime le CCIB.

Sur les 108 dossiers ouverts, 15 % concernaient des délits de haine, 51 % de la discrimination, 16 % de l’incitation à la haine et 5 % du harcèlement.

"Il est essentiel d’objectiver l’islamophobie afin de mener des actions pour l’éradiquer ou du moins pour maîtriser son impact. Il est essentiel que des chiffres présentant la partie cachée de l’iceberg soient disponibles afin de mener des politiques contre l’islamophobie", considère l’association.