Société Près de la moitié des déchets que nous produisons sont revalorisés à travers le recyclage ou la production d’énergie.

Que deviennent nos sacs-poubelles une fois qu’ils ont été emmenés par les agents de Bruxelles-Propreté ? À quoi sert réellement le tri ? Les déchets non recyclés sont-ils définitivement perdus ? Autant de questions qu’on peut se poser, en tant que producteurs de déchets. Même si la tendance du zéro déchet à la cote depuis quelques années, la Belgique reste un grand remplisseur de sacs-poubelles. Chaque année, en Région wallonne, près de 2 000 000 de tonnes de déchets ménagers et assimilés sont collectées. Cela veut dire environ 550 kilos de déchets collectés par habitant (tout type de déchets ménagers confondus, triés ou non). Chaque année s’ajoutent à cela 3500 kg de déchets industriels causés par la fabrication des biens de consommation. On les appelle les déchets cachés et ils alourdissent fortement notre production de déchets quotidienne. À Bruxelles, la quantité de déchets produits correspond à + environ 350 kilos par an et par habitant.

Si la Belgique est un grand producteur de déchets, elle fait aussi partie des meilleurs élèves de la classe européenne en ce qui concerne le recyclage. Ainsi, selon Etienne Cornesse, porte-parole de Bruxelles Propreté, il n’est pas rare que des représentants de différentes villes étrangères viennent prendre des renseignements auprès de la société bruxelloise afin de s’en inspirer sur leur propre territoire. La Belgique a fait du recyclage l’un de ses grands points d’attention. Le traitement du recyclage permet des utilisations inattendues. Ainsi, le centre commercial Docks est entièrement chauffé grâce à la combustion des déchets contenus par les sacs blancs. Le recyclage des bocaux en verre est lui aussi très important. Le verre blanc est en effet le seul matériau qui peut se recycler à l’infini sans perte de matière. Cela signifie qu’une bouteille de verre usagée qui est transformée en une nouvelle bouteille en verre ne nécessite pas d’ajout de matière première. Avec le verre, rien ne se perd, rien ne se crée.

Le tri du sac contenant les feuilles de papier et le carton donne également de très bons résultats, grâce à une chaîne de recyclage bien rodée.

À Bruxelles, les sacs jaunes collectés par les agents de Bruxelles-Propreté sont envoyés au centre de tri situé à Forest. Leur contenu est versé dans une machine qui découpe les grands cartons en plus petits morceaux. Les sacs sont éventrés par une machine et sont ensuite triés plus précisément et contrôlés manuellement. Le papier mixte est séparé du papier blanc et du papier journal. Ce dernier est jugé de moins bonne qualité. Les différents types de papier sont alors rassemblés sous forme d’immenses cubes qui sont récupérés par des sociétés de recyclage privées. Celles-ci s’occupent de la transformation du papier usager en de nouveaux produits. Chaque année, 80.000 tonnes de papiers et cartons sont traitées au centre de tri bruxellois.

Malgré tous les efforts fournis pour trier, recycler et composter, il reste néanmoins une certaine quantité de déchets qui n’entre dans aucune des filières de tri. Il s’agit des ordures ménagères et assimilées non recyclables.

À Bruxelles, la combustion des déchets non triés produit de la vapeur qui alimente les turbines de la centrale électrique voisine, dont une partie est réinjectée à Bruxelles-Energie pour le fonctionnement de l’usine. Cette recette permet de réduire le coût de traitement de ces déchets. La vapeur d’eau produite alimente également le réseau de chaleur qui chauffe plusieurs entreprises locales, en plus du centre commercial Docks, indique la société bruxelloise de gestion des déchets dans son rapport annuel.