Les points nouveaux incluent notamment les saisies records de cocaïne et d'héroïne ainsi que les inquiétudes concernant le cannabis à forte teneur en principe actif. Avec au moins 53 tonnes, la Belgique est le pays où l'on a saisi le plus de cocaïne en 2018. À l'instar des nouvelles drogues de synthèse, de plus en plus de cocaïne continue d'apparaître sur le sol européen: l'an dernier, 110.000 opérations de saisie ont permis de confisquer 181 tonnes de poudre blanche, un nombre jamais atteint. La Belgique (53 tonnes), l'Espagne (48) et les Pays-Bas (40) représentent à eux seuls 78% de ce montant. En outre, la pureté de cette drogue augmente et un nombre croissant de personnes sont admises en traitement pour la première fois, relate l'observatoire.

Le volume d'héroïne saisie a lui quasiment doublé entre 2017 (5,2 tonnes) et 2018 (9,7), alors que des "signalements récurrents ne cessent de faire état de la fabrication d'héroïne dans l'UE". Huit nouveaux opioïdes de synthèse - des substances de la même catégorie que l'héroïne - ont également été détectés pour la première fois l'an dernier.

Le cannabis - drogue dite "douce" - n'est pas en reste, avec des taux de tétrahydrocannabinol (THC, soit le principe actif de l'herbe et de la résine) en moyenne deux fois plus élevés qu'il y a 10 ans.

L'EMCDDA constate aussi une forte disponibilité de produits à haute teneur en MDMA ainsi qu'un trafic croissant de substances moins courantes telles que la kétamine (un anesthésique notamment utilisé en médecine vétérinaire), le GHB (connu aussi comme "drogue du viol"), le puissant hallucinogène LSD ou encore le protoxyde d'azote (alias "gaz hilarant"), dont les capsules jonchent de plus en plus de rues du Vieux Continent.

Le rapport se penche aussi sur la façon dont l'usage et l'offre de drogues ont été perturbés par le Covid-19. Pour la vente au détail, celle-ci étant empêchée dans la rue par les restrictions de déplacements, "les consommateurs et les revendeurs se sont tournés vers les marchés en ligne du darknet, les plateformes des réseaux sociaux et les services de livraison à domicile".

L'importation de gros par voie aérienne semble, elle, avoir décliné, mais pas celle par voie maritime. "La production de drogues de synthèse et la culture du cannabis en Europe ne semblent pas non plus avoir été sérieusement affectées", indique le document.

Concernant la consommation en tant que telle, il y a des "signes de déclin de l'intérêt" pour les produits plutôt consommés dans certains contextes sociaux (par exemple, la MDMA ou la cocaïne), mais aussi une "augmentation apparente de l'usage d'autres substances par certains usagers (par exemple le cannabis ou des nouvelles benzodiazépines)."

Enfin, du point de vue thérapeutique, les conclusions des études de l'EMCDDA montrent que de nombreux services de prise en charge ont été contraints de fermer ou de limiter leur offre au début de la période de confinement, "mais ont réussi à s'adapter et à innover, notamment grâce à la télémédecine".

© AFP