Résultats surprenants d'une étude menée par des chercheurs belges et français

PARIS Les prodiges du calcul mental utilisent leur cerveau d'une façon différente du commun des mortels, selon une étude de chercheurs français et belges qui a permis d'obtenir des images de leur étonnante activité, publiée dans Nature Neurosciences de janvier. L'équipe de Nathalie Tzourio-Mazoyer du Centre national de la recherche scientifique, associée à des neuropsychologues de l'université catholique de Louvain en Belgique, s'est penchée sur l'un de ces phénomènes du calcul mental, l'Allemand Rudiger Gamm, âgé de 26 ans, et comparé sa façon de compter à des personnes ordinaires qui n'ont pas du tout la bosse des maths. Pour ce faire, les chercheurs ont recouru à une technique d'imagerie, la tomographie par émission à positon, qui permet de visualiser les régions du cerveau qui entrent en activité au cours du processus de calcul.

Etes-vous capables de calculer mentalement en deux secondes, combien font 53 à la puissance neuf ou encore de diviser deux nombres premiers, par exemple 31 sur 61, en précisant le résultat à la soixantième décimale après la virgule, en un temps aussi court ? C'est pourtant ce dont est capable le prodige tardif. Rudiger Gamm utilise des aires supplémentaires du cerveau (des zones temporales et préfrontales) impliquées dans la mémoire à long terme, ce qui lui permet de maintenir à disposition de grandes quantités d'informations facilement accessibles.