Le blocus des dépôts de carburant et des raffineries a été levé samedi

PARIS Cette levée du blocus s'est faite dans presque toute la France par les patrons routiers et les agriculteurs, qui ont finalement obéi aux consignes de leurs syndicats.
Environ les trois quarts des barrages avaient été levés en début de soirée et moins d'une trentaine subsistaient, dont cinq en Bretagne, trois en Franche-Comté et trois dans le Centre, selon le ministère de l'Intérieur.
Le mouvement de reflux se poursuivait et une normalisation complète était attendue pour (demain) dimanche. Mais c'est souvent la mort dans l'âme que les manifestants sont rentrés chez eux.
`Le coeur n'y est pas car nous n'avons pas été entièrement satisfaits. On ne pouvait pas, de toutes manières, mettre le pays à feu et à sang´, a dit Philippe Fournier, représentant de l'Unostra dans les Bouches-du-Rhône.
Le gouvernement a autorisé exceptionnellement les transports d'hydrocarbures pour le week-end, et les compagnies pétrolières ont donc aussitôt commencé le réapprovisionnement des stations-service, qui étaient souvent à sec depuis plusieurs jours.
Selon Thomas Sauders, porte-parole du groupe Totalfina-Elf, le retour à une situation normale aux pompes pourrait prendre plusieurs jours, voire toute la semaine prochaine, en raison de problèmes logistiques.
Les pouvoirs publics n'ont jamais eu besoin de recourir à la force publique.
Après la FNTR vendredi, l'Unostra, autre syndicat patronal routier engagé dans l'action, a en effet appelé samedi matin ses adhérents à cesser l'action sur les raffineries et les dépôts.
Dans la nuit de vendredi à samedi, les organisations agricoles CNJA et FNSEA avaient lancé le même mot d'ordre, après un accord avec le ministre de l'Agriculture, Jean Glavany.
D'autres professionnels qui participaient au mouvement, comme les ambulanciers, ont également abandonné le conflit samedi.
Les ministres des Finances des Quinze, réunis à Versailles, ont travaillé sur une stratégie commune pour tenter de faire baisser les prix du pétrole, qui sont actuellement à leur plus haut niveau depuis dix ans.
Ils pourraient délivrer un message à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, qui se réunit à partir de dimanche à Vienne (Autriche), a dit le ministre espagnol Rodrigo Gato.