Un groupe de prêtres catholiques avaient introduit un recours devant le Conseil d'Etat, afin de pouvoir célébrer la messe de Noël, malgré les restrictions sanitaires. L'instance juridique a rejeté leur demande ce mardi. L'organe note, entre autres, qu'il est "démontré à suffisance que la limitation attaquée est nécessaire pour préserver la santé publique dans le cadre de la pandémie de coronavirus".

Dans trois arrêts rendus mardi, le Conseil d'État a rejeté la demande. "Ces demandes étaient dirigées contre l'arrêté ministériel du 11 décembre 2020 autorisant à nouveau l'exercice collectif d'un culte dans les bâtiments, en le limitant toutefois à un maximum de 15 personnes. (...) Ce règlement n'est notamment pas contraire à la liberté de religion, ni au principe d'égalité ni au principe de proportionnalité."

Le Conseil d'Etat "n'a pas retenu les arguments de ces prêtes qui s’efforçaient de sauver Noël", selon le porte-parole de l’Eglise catholique de Belgique, Tommy Scholtes, auprès de la RTBF.

L'un des prêtres est le pasteur de la basilique de Koekelberg, Marc Leroy. "Dans mon église, la plus grande du pays avec une superficie de 10.000 mètres carrés, seules 15 personnes sont autorisées à entrer. Normalement, il y a 700 croyants (...) Je pense que les politiciens ne savent pas ce qui se passe en ce moment".

Le Conseil d'État avait qualifié, au début du mois, de violation de la liberté de culte l'interdiction par le gouvernement de toutes les activités de culte collectives en raison de la pandémie. En réponse, le gouvernement a autorisé jusqu'à 15 personnes à assister à la messe.

Les prêtres se disent "déçus"

Les prêtres catholiques se disent mardi soir déçus de la décision de l'instance qui "valide l'interdiction de fait du culte." Ils regrettent notamment "de ne pouvoir jouir de notre droit constitutionnel à la liberté de culte, en particulier pour la fête de noël (...) Autoriser une assistance proportionnelle à la surface de l'édifice ou en plein air aurait pourtant permis à chacun d'exercer sa foi sans mettre en danger qui que ce soit."

"En tant que citoyens, nous ne pouvons qu'être inquiets du peu de cas que fait le pouvoir exécutif des libertés constitutionnelles, en particulier de la liberté de culte", ajoutent-ils, soulignant que la "mesure aussi vexatoire et ridicule que la limite de 15 personnes" s'applique "en dépit de tout bon sens à nos chapelles comme à nos vastes cathédrales."

"Dans son arrêt, le Conseil d'État omet tout simplement de répondre à nos arguments selon lesquels la constitution a été violée, et reconnaît au gouvernement 'une large marge d'appréciation' pour apprécier la nécessité ou non de restreindre sévèrement la liberté de culte (...) C'est une grave évolution de la protection des droits des personnes, dont chaque citoyen de ce pays devrait s'inquiéter", concluent les prêtres.